Rose du Cœur

Nastassja Korolevichna Sergey Solomko #art #nouveau #jugendstil #painting #sergey #solomkoPeinture de Sergueï Solomko (1867-1928)

Échappé ! Lors qu’échappé, nous l’avons toujours été en ce Regard qui nous prenait en otage. Comme sont belles ces deux perles, parfois brunies par les profondeurs du Lointain ! Comme sont belles ces prunelles d’intenses vivances dont Il est La Rencontre ! Nous sommes ces déploiements inattendus, perfectibles en leurs apparentes imperfections. Nous sommes cette hébétude rejoignant l’infini Rivage. Le Cœur recèle L’Essence et avec toutes choses, n’en excluant aucune, nous marchons sans discontinuité et veuille, Ô mon Âme, veuille cueillir La Rosée empourprée de Lumière et veuille suinter des vibrations de L’Amour pur ! Quand Le Corps rayonne d’une seule seconde de Ta Révérence, le monde entier change comme il ne s’est jamais absenté.

Je l’ai su, il y a bien longtemps, se disait le chevalier, je l’ai su de ne l’avoir jamais oublié, lors même que la nostalgie incendiait mes entrailles, et mon cœur entier cherchait comme un fou ce qui l’appelait depuis les réalités d’une autre vie. En allant, j’allais en ce par-delà sans relâche, me concentrant en cette unité de l’unique orientation. Lorsque Le Roi nous mande, nous ne pouvons ni plus nous y soustraire, ni non plus être comme cela n’étant pas. Je l’ai toujours su en mes maints balbutiements, en mes trébuchements sur les limites temporelles. Soudain, je savais comme ne l’ayant jamais su, comme le retrouvant en cette exaltation originelle, ondes poursuivant mon propre corps devenu La Coupe de Son Appel. La Lumière est L’Amour qui te transporte en L’Accord de Ta Réalité. Quand même mille maux s’y révèlent, qu’importe, Le Chemin est déjà tracé que les pas retrouvent en L’Aube du Regard virginal et ici, ni Rien ne s’efface, ni Rien n’est condamné, mais La Rose au Cœur de L’Amant est un Pouls qui bat au rythme de L’Éternité et quand même le corps se repose, Le corps aussi trépasse de n’avoir jamais veillé, comme si Le Rêve était l’incarnation de L’Essence en ce Périple de L’Aimé.

La Reliance est le prodigieux arrêt, lors que les mondes s’effacent, aussitôt mille renaissent en leur étrangeté, en leur étonnement. Le Chevalier sut que La Quête est à toujours commencer. C’est en La Connaissance que Le Nouveau Monde renaît. Non plus des cendres, mais bien des braises que l’on tient fermement dans la main comme une Épée d’où La Lumière jaillit et donne au visage du Contemplé.

 

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Rencontre avec un voyageur

Ferdinand Leeke (1859-1923), Parsifal en Quête du Saint Graal - 1911Peinture de Ferdinand Leeke (1859-1923)

 

– Te veux-tu que je te révèle ce que l’âme intrigante ourdit chaque jour et chaque nuit sans relâche ? Te veux-tu t’asseoir auprès de moi, Ô noble Chevalier ? Ainsi parla un vieil homme sur le chemin rencontré, qui fouillait avec son bâton quelque poussière sur le sentier. Le chevalier qui avait attaché sa monture à un arbre, s’approcha de l’intrigant voyageur.

– Souvent, l’on fait de la route son contraire. C’est ainsi que l’âme concupiscente est sans cesse active et s’emploie à porter les plus immondes masques.

– Comment alors reconnaître les stratégies du Vivant ?  interrogea le chevalier.

– Lors que tu vois avancer la ruse, elle se signale souvent par ses moult mensonges. Jamais, elle ne s’assoit longtemps en ta compagnie et s’évertue à t’inquiéter. Elle prononce une myriade de promesses et ne jamais les tient. Ainsi est faite la tromperie. Sans cesse, aie à ton esprit les discordes qui s’y associent. Prends garde à l’âme entachée de sorcellerie. N’écoute que le vent qui en sa soudaineté te vient cingler et te faire sursauter. Combien de mielleries cachent des serpents et des scorpions dans les fourrés ? Comme est fat l’homme qui perd les nuances et le discernement ! Il met à son cou les chaînes de son propre blâme.

Que faire, donc ? demanda le chevalier, je me sens mille fois en danger, et mille fois je prends refuge sur un Mont qu’un Sage m’a montré, il y a quelque temps, mais suis-je réellement en sécurité ?

– Apprends, Ô Chevalier, à laisser les mille feux de la folie t’écorcher, car en elle est un Lieu qui garde de la traître raison. L’oubli du monde est gage d’une florescence nouvelle qui te donne à l’ignorance. Celle-ci est pure nudité qui te sauve lors que les flots de l’océan se font impétueux. Celui qui est sur le Chemin dit Adieu à tous les raisonnements et s’attache uniquement à L’Amant.

– Mais l’on me jettera l’opprobre, répliqua le Chevalier, ma réputation sera ruinée.

– Justement, hors des sentiers conventionnels se trouve un secret, lui répondit le vieil homme.

– Mon cœur sera -t-il préservé de son propre feu ?

– De quel feu désires-tu te prémunir, Ô Chevalier ?

– De celui qui ronge et détruit tout Retour possible vers Le Roi.

– Tout ce qui vient te heurter est la véritable protection. Tout feu qui incendie ton cœur est souffrance qui te maintient en vie. Tout conformisme est destruction. Lors que tu te débats en tes entrailles, tout le reste disparaît et seule la crucialité t’empoigne et te donne à La Conscience. Maintenant, va ! Je te visite en chaque instant qui est notre rencontre au Jardin de l’abondance. 

Le Jour du Chevalier

Résultat de recherche d'images pour "knight and his angel"Peinture de Joseph Noel Paton (1821-1901)

 

Si nous possédions Le Jour, Le Temps serait suspendu aux branchages de L’Instant, et là, en Son Unicité, celui-ci frémirait des Joies de L’Aube. Mais nous ne possédons pas même notre Souffle et comblons nos vides par les atermoiements de l’avoir. Notre main, elle-même semble être une inconnue, lors que nous découvrons les premiers émois de L’Arbre. Ô Réalité de La Conscience, lors que Toi, Tu T’appartiens, et Ton Regard incommensurable est à surprendre Le Jour à La Pointe de Ton Horizon. Si tout s’effeuille de l’ignorance, en chaque voile, La Parole s’élève. Telle est L’Assemblée Céleste qui Te Parle et Te rappelle à Sa Majesté. Le Monde en Son Unicité, en Son Instant unique et singulier, est Une Main qui s’offre à La Nuit de Ta Veillée, et Le Rêve demeure un Rêve, lors que Tu T’éveilles et proclames, je suis Le Rêve. Quelle est donc alors La vraie Vie ? Je L’ai vu sourire. Je L’ai vu marcher. Je L’ai vu parler. J’ai dit : Il est déjà là, depuis Le Seul Moment durant lequel Il ne nous a jamais quitté. Le Rêve est un Jeu qui va là où Tu vas. Le Cœur est vierge et perpétuellement rajeuni de Tes milliers de Rêves. Le Périple est suave au goût du Jour. Des mots que l’on tisse d’avoir tant aspiré, telles sont ces réalités qui s’unissent juste en L’Éternité. Je Te remercie d’avoir raffermi mes pas sur Le Sentier de mon occultation et je Te remercie d’avoir sondé mon cœur, lors que ma veine jugulaire ignore encore les distances qui sont pures illusions. Je désire mourir à Tes pieds, en La Source permanente de Tes fluviales abondances et je souhaite ne jamais avoir été, de sorte qu’il ne soit qu’Une seule Réalité. Lors que Ton Silence devient Les Joyaux de Ton Verbe ! Ô laisse parler Le Silence ! Laisse-Le ! Il a tant à Te dire, au-delà de ta pensée, il est Une Voix qui parle et ne jamais se tait. Son Chant vibre au cœur et c’est L’Eden, doux et riche des clapotis de Sa Délicatesse. Que ces mots soient gravés sur les parois de Notre Intimité et que Le Jardin, d’innocence, se réjouisse lors que vient L’Aimé Le visiter ! Tel est Le Cœur du Chevalier, lors que soudain Le Jour est une ombre à La Nuit de Sa Veillée.

La Nuit du Chevalier

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Tu es cet homme comme enseveli par Le Cercle tournoyant, comme anéanti en Son Océan, comme retrouvé parmi les vagues bouillonnantes, dansant et jouant avec elles depuis les profondeurs de L’Âme, libéré des mouvements, au sein même de tous les mouvements, T’élevant en ce désir sans limite, aspiré par La Lumière des ondes de L’Origine. Tes frères sont en une parfaite harmonie et Le Soleil est au Centre tandis que le corps ne jamais se défait de la mesure. Le Cœur est en cet enstase, pur de toute attache, parcourant en fulgurance les distances, vérifiant les réalités nombreuses des états multiples de L’Être. Tu es Celui qui voit. La nuit est semblable à une Épousée et en Elle, Tu n’es plus, es-tu tout entier de Lui ? La nuit T’enlace et ne desserre aucun des liens qui l’unissent à toi. Elle clame La Victoire de vos Noces. Tu es Son Aimé. Ses Bras sont puissants et Son Étreinte jalouse. Elle a traversé pour te retrouver les tempêtes de la solitude, Elle a couru dans les plaines les plus reculées. Elle s’est précipitée tout contre les récifs de l’océan tumultueux et brisé le Silence de Ton Absence. Elle n’a jamais voulu se désaltérer à aucune autre Source que la Tienne. Elle a gémi dans les rafales du ciel en colère et rejoint la cime des montagnes. Pour l’heure, cédera-t-Elle à un autre que Toi ? Elle n’a pas peur des gerçures du froid, ni des incandescences de la gestation matricielle. Elle enfante mille fois sur les rochers arides du désert. Aujourd’hui, Elle Te désire exclusivement, tout entier d’Elle en La Présence des Retrouvailles. Elle Te supplie et T’invoque toujours, lors que son cœur est tendu vers Toi. La Nuit est Le seul Voile qui Te sépare d’Elle, un voile fin, dont les ondoiements sont désormais La Promesse. En Son Amour, Elle est Le Voyage. Elle est les distances qui semblent Te séparer d’Elle. Elles est Le Souffle rauque qui rugit dans les souffrances de Son Aspiration. Elle est Son propre Voile qui se dépare de toutes les illusions. Elle est La Connaissance qui se révèle en chaque atermoiement. Elle souffre de ne pouvoir encore être en cette proximité unitive. C’est là qu’Elle Te confie les doux secrets, les suaves fruits d’un Arbre béni. Lors qu’Elle Te fait ces confidences, à ton tour, Tu lui murmures avec une grande sollicitude : n’as-Tu pas compris, Ô Ma Nuit ?


La Nuit n’est pas La Nuit, ni Le Jour n’est non plus Le Jour. Pourtant, L’Âme a sa préférence, et c’est en L’Écrin des heures nocturnes que Le Corps s’allège du poids du mouvement. L’Épousée regarde Son Aimé. Elle s’en vient le visiter, lors qu’Il est endormi et Lui parle. Elle aime à s’asseoir auprès de Lui et Le caresser de son propre songe. T’ai-je vraiment vu en ce Regard ébloui de L’Âme ? Océan infini de Ma Singularité ? De Tes fragments, m’es-Tu réellement fidèle, lors que Tu balbuties encore les inexactitudes ? Je suis devenue La Lune qui se baigne en Ton Visage. Est-ce Toi, ou bien est-ce Moi ? Qui suis-Je à voir ? Je T’ai tiré de Ton Rêve et nous nous sommes rencontrés sur un Pont. A mi-chemin, nos mains se sont jointes et je T’ai parlé. Nos yeux se sont rapprochés jusqu’à n’être plus que notre Regard en L’Âme et Je T’ai dit : ainsi est le signe de notre Reconnaissance ! Tels sont les gestes fidèles et mon cœur T’est exclusivement réservé. Pourtant, Je dois quitter ce Berceau, et rejoindre Ma Réalité. L’Union est une oeuvre alchimique qui ne souffre aucune distraction. Une seconde d’inattention et tout peut basculer.

Noblesse du cœur

En Echo à Jean d’Armelin pour Les perles de la lumière des secrets : XLIII

Résultat de recherche d'images pour "gravure de manuel deutsch sorcière"Oeuvre de Edward Burne-Jones (1833-1898)

Ô Noblesse effusive sans cesse renouvelée à La Source des Ondes de Ta Majesté, lors que Le Ciel s’approche, à peine imperceptible et que le cœur semble surpris de Ta Bienfaisance. Ici, il n’est ni homme ni femme, Esprit comme au-delà, bien au-delà, lors que L’Océan atteint l’improbable rivage, mais n’est-il pas somme toute une Rencontre ? Depuis les lueurs précieuses de cette Nuit, La Seule, L’Unique, lors que L’Instant se concentre en La Présence : D’Elle est La Bonne Nouvelle, au cœur de L’Épousée. La douleur n’a de sens qu’en L’Abandon, et Ô Toi, quel est donc le meilleur des abandons si ce n’est l’exclusivité de La Bonne Opinion de Toi ? Combien les affres sont les douleurs qui au cœur remontent jusqu’aux lèvres tremblantes, et c’est dans cet enfantement que La Crucialité nous impose cette prodigieuse constance. Chevalier, ta nostalgie est grande, et ton cœur ruisselle des morsures de l’hiver. Il t’encercle des neiges immaculées qui te donnent au sursaut du corps. Combien de fois sur le tapis de la supplique, les étoiles s’assombrissent devant le feu de ton Amour ? Le cœur est disloqué au contact des ténèbres et tandis que L’Ami se tient droit, en sa parfaite neutralité, tu es à ressentir Sa Vigilance comme la poigne ferme d’un frère. Mon frère ! Mon frère, ne jamais désespère de Ton Seigneur ! Il tient de Sa Main puissante L’Anse. Au plus noir de l’épreuve, je L’ai vu. Il n’est pas un seul Jour où je ne L’entends dire : Je suis là. Mon cœur est alangui et souffre des venins de l’existence. Pourtant, Le sourire est La Béatitude de La Constance, Joyau de L’Espoir et de La Reconnaissance. Je ne sais que L’aimer. Fidèle à L’Amour, L’Amant nous enlace de Sa Miséricorde, et sans Elle, aucun Souffle ne vient donner au Noyau Sa Chaleur. Ô Vivant ! En cette Apnée, Les Cieux s’ouvrent et voici Le Chant du Chevalier. Son cœur poursuit les clapotis dansants d’un ruisseau. Les effluves du Jardin lui procurent onguents à ses plaies. Tantôt, J’ai entendu L’Alouette : elle me ramenait les nouvelles d’une autre Rive, mais voilà que soudain le Milan Royal fendit le Ciel de Ses Ailes majestueuses, lors qu’en ce mouvement, L’Éternité s’y était mue, exponentielle de Son Envol. Noble Ami, la mort est semblable au sourire qui touche enfin le ciel et Le Tout Rayonnant nous y accueille de L’avoir sincèrement accueilli…

Jardin du Cœur

Résultat de recherche d'images pour "arts and crafts mnac"Peinture de Edward Burne-Jones (1833-1898)

Il s’agit de l’Amour le plus fou, le plus pur, le plus invraisemblable qui soit. Celui qui est à entrer en Son Royaume, le sait-il réellement ? Faut-il le plus improbable des Temps pour enfin se laisser immerger de cette précieuse et délicate Aube du monde ? Faut-il laisser la nuit rugir aux confins des plaines sauvages de notre âme, là où souffle le vent, cause d’une dislocation inévitable ? Faut-il avoir tout perdu pour soudain, épris de solitude et d’ivresse entrer enfin sous Son joug ? Faut-il avoir laissé se déchaîner mille et une vagues pour voir se lever La Lune de notre Ciel ? Lors que cette brume s’efface et que nos yeux s’accrochent à la singularité de ce monde retrouvé, lors que Le Jardin s’offre en ces soieries évanescentes, lors que chaque perle est une suée de rose au front de notre cœur, lors que les arbres s’élancent dans L’Azur de notre Âme, Lors que s’écartent, une à une, les ténèbres au son d’une Lyre puissante et que L’Univers s’évase telle une Corolle à La Bouche de Ton Haleine, et lors que les bruissements deviennent de suaves exhalaisons, au crépuscule des senteurs du Jasmin et du chèvrefeuille, voici que Le Chant nous enveloppe de douceur et que les pas qui effleurent à peine le sentier, timides qu’ils sont devant La Majesté, semblent butiner les joies simples et de candeurs incommensurables. Comment ? Sommes-nous encore ? Les grappes des vignes pendent abondantes des sucs du soleil et le cœur est empli de l’effervescent rayonnement. Le chevalier s’avance lentement, ne retenant du Souffle que La Révérence, noblesse des gestes. L’Attention ne souffre d’aucun bruit, car toute vulgarité serait inappropriée en ce Lieu de L’Adoration. Le chevalier marche sur le pont de La Jointure et tout son cœur est pris d’ivresse. Ici, plus loin, plus proche, tout est Harmonie. Toute parole est bienveillance, et la lumière fortifie le discours de Justesse ainsi que de Bonté. Oui le cœur répugne à toute sorte de choses, mais le chevalier incline du chef avec grande émotion. Ici, les actes sont à la mesure du cœur. Le pur Amour est lenteur qui ne jamais défait ce qui commence, mais parachève L’Unité en Son Resplendissement. Le cœur s’imbibe des mots, puis d’eux le cœur rayonne. Car ceux-ci ont précédé la Parole. De cette dernière vient La Fusion des mots avec les actes. Aucune discontinuité. Sacralité du Corps et sacralité de L’Esprit, tandis que L’Âme continue Son Périple…

 

Se lit aussi sur Noblesse et Art de l’écu