Quant à L’Amour

 

 

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Quant à l’Amour, celui qui chemine le connait indubitablement, car l’Amour est ce par quoi tout est agencé, comme le ciment qui tient la demeure, que l’on distingue à peine. Celui qui chemine, voit sa maison brisée. Mais soudain, alors qu’on lui dit: « Reconstruis ta demeure, conformément à mon Ordre. » Il voit Les Mains du Bien-Aimé ne faire qu’une avec ses propres mains et construire avec amour La Maison qui n’avait jamais vraiment été brisée…

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Soufisme, Voie du Milieu – Voie du Vivant

Photographie de Don Hong-Oai
 
Sur les Eaux où se vient murmurer L’Onde du Souffle presque imperceptible,
Il est en toi la seule Réalité possible.
Elle est pure et jaillissante.
Elle glisse en ces lignes devenues ton scribe.
Est-il encore une seule raison, lors que Le Roi fait Son Apparition ?
Sa Descente imminente est semblable à un effluve que parent de mille Grâces les pudeurs de Sa Majesté.
En Son Amour est un Secret et c’est en L’Éclosion des feuillets d’un Livre Immaculé que s’active Le Calame de L’Êtreté.
Nul ne se pourra plus jamais occulter La Lumière qui se poursuit en Sa Perpétuelle Consécration.
Ecoute La Présence en L’Effacement et ne fais plus de bruit.
Il est Là.
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Océan sans rivage
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Lien vers le blog

Lumières des vertus fluviales

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L’Ami,

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Je Lui raconte mon désir, ma soif, et aussi mon désert.
Il est mon Confident Suprême.
Depuis tout ce temps que je m’entretiens avec Lui, on me fait du bruit et on me dit : comment , Il est Ton Ami ?
Je regarde ces gens et je ne comprends rien.
Je ne me comprends pas plus.
J’ai marché.
En ces pas, j’ai senti le flux de mon sang remonter jusqu’à la Source.
Mille images s’y sont greffées.
Mille vallées ont été traversées.
Chacune a été des demeures où je L’ai sans cesse rencontré.
Tu es Là et Tu es toujours là.
Où me voudrait-on Te trouver ?
Tout ce temps que Tu me dis : Je suis là.
Alors la vie est simple.
Je n’ai jamais compris les hommes.
Je veux dire, je ne comprends pas ce qu’ils ne comprennent pas.
L’Ami, tu me dis souvent : il faut tellement de temps pour être un idiot, et je te le crois.
J’ai jeté au loin tout ce que j’avais appris.
Ou plutôt, Il m’a tout pris.
Je suis restée comme hébétée.
Que dois-je faire ?
Je suis là, est ce que j’entends en permanence.
Cela est une douce litanie.
Non, c’est encore bien plus que cela.
Cela commence au creux de la poitrine et tout semble s’écarter comme en un long déchirement.
Ce sont les yeux du cœur qui voient.
Je marche en cette vallée de la non-connaissance.
Auparavant, j’avais peur.
Désormais, je marche en moi.
Cette marche est une pérégrination qui n’est plus la mienne.
Tout est à la fois à se rapetisser et tout semble en une grandeur insoupçonnée.
Il est une expansion, une dilatation qui est un parfum éclairant.
Me croira-t-on si je dis que le parfum est aussi une vision ?
Il est à libérer la nature de L’Être.
L’Âme ondoie et danse sa seule danse qui est celle de L’Origine.
Se pourrait-elle, sans direction, s’en aller là où elle se doit d’aller ?
L’Ami, tu me dis lors que cela monte, il n’est plus alors aucune chute possible.
Lors, voici que L’Esprit n’est plus qu’en cette ascension.
S’il faut pleurer pour que le corps atteigne sa chaleur, alors L’Alchimie est à opérer son oeuvre.
Que sait-on de cette Architecture, structure de L’Intention et piliers d’une Bâtisse qui connaît ses fondations ancestrales ?
Voici que L’Âme prend son Envol.
Pour chaque étage, elle est à reconnaître les demeures.
Sont-ce des Haltes ?
En Toi est ce repos dont les subtilités de L’Écartement sont à se laisser jaillir.
L’Ami, j’aime les remous qui me donnent les accalmies.
L’Eau est aussi douce que son argile.
Lumière des vertus fluviales.

Croyance 30 – Résolution

désert tunisienDésert tunisien
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Et la première Bête engendra la seconde Bête *
Devant laquelle les hommes se mettront à genoux.
Elle les détourna de la véritable quête
En laquelle les divers plans de l’être se nouent

Pour tisser l’Unité soufflée depuis l’Origine
Et dont la graine se veut lever en chaque instant.
L’âme, que nous le voulions ou non, est pérégrine,
Ne traversant ce monde que pour un très court temps,

Recueillant les expériences qu’elle métabolise
Et dont la quintessence nourrit l’Évolution.
Vivre c’est avancer vers sa résolution

Et la recherche du sens n’en pose que les balises.
Comprends : c’est la marche qui devient la Voie.
Écoute bien : entends-tu dans le désert cette Voix ?
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Marc

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* La première Bête, les sciences de la matière, coupées de la Con-science (qui est la Science de l’Un) engendra la seconde Bête, la Machine, dont l’emprise sur les hommes est aujourd’hui une évidence.

Le Voyage du par delà (2)

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Le Seigneur de La munificence ouvre Une porte à celui qui Le cherche.
Certains demandent Le Paradis.
D’autres perçoivent L’Appel de Sa Réalité.
Ils n’ont plus que cette seule souciance : rejoindre L’Océan de L’Êtreté.
Ils avancent à pas feutrés.
Les âmes errantes sont celles qui se retrouvent sous L’Arbre de Lumière.
Elles n’ont connu que cette seule Présence.
L’Union a déjà eu lieu.
N’en doute pas, Ô toi qui ne connais ces subtilités.
L’Union de toutes les effluves de Ta Majesté et de Ta Beauté est Le Souvenir aujourd’hui de L’Empreinte lisible.
Il est une hébétude, lors que s’écartent les drapés de Ton Occultation.
Les rivières alchimiques depuis Le Feu des profondeurs de L’Origine se sont déversées, et parfois, ce sont les torrents de la violence du Retour.
Les mondes se sont ouverts et L’image flotte en ce Regard de Celui qui observe.
Peut-on simplement l’ignorer ?
N’en doute pas, Ô toi qui es en ton Balancier !
Ta conscience te masque l’authenticité.
Tes yeux sont opaques des tremblements de ta cécité.
Il est un qui de sa pointe aiguisée te donne à douter.
Le doute vient de celui qui a douté.
Souviens-t-en !
L’Éclosion est telle qu’elle ne donne pas la suffisance, mais bien la paix !
Ne sais-tu pas que la vanité est charriée par les mers bouillonnantes ?
Ce sont des soldats qui livrent bataille sans jamais se fatiguer.
Je te ferai le récit de L’Architecture du Maître d’Oeuvre.
En cette Vallée, toutes les connaissances sont de pâles imitations.
La Fleur est mille yeux à la fois.
Connais-tu les océans perpétuels du voyage ?
Chaque seconde est un Enfant qui naît de La Mère des Livres.
En un souffle plus rapide que le mercure, la vivacité de la perception est une Contemplation et les mots s’accrochent à L’Esprit.
Plus le pérégrin avance et plus il est en cet émerveillement.
Il n’est plus aucun savoir, il n’est que naissance sur les rives de L’Ecriture Créationnelle.
Celui qui avance, ne cherche plus rien, puisque c’est Lui qui le fait avancer.
A-t-il jamais souhaité un seul moment se satisfaire d’un décor ?
Se voudrait-il retrouver Le Paradis des sens ?
Comprends-bien !
Seul Celui qui sait, le sait !

Oraison de L’Amour

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Ô de par Les océans de Ta Toute Miséricorde,
Lors que le Héraut est à nous rappeler à Ta Suprême Réalité,
Lors que les oiseaux migrateurs rejoignent L’imaginal Tracé du Retour,
Lors que Les bourgeons de Tes princières Roses libèrent leur entêtante fragrance,
Lors que les arbustes en cette quintessence virginale sont à entamer les secrètes oraisons,
Lors que les herbes sont à déployer les furtives ondulations du vent,
Lors que les abeilles butinent les pollens de Ta Vivance,
Lors que les semences frémissent au sein du ventre de La Noble Matrice,
Lors que les fourmis courent de leurs étonnantes et fines prouesses vers un Lieu sûr,
Lors que les Aubes s’étreignent des puissantes parures de Ta Majesté,
Lors que les araignées tissent le collier des rosées crépusculaires,
Lors que L’Eveil des rais de Lumière atteint en faisceau les pointes de Ton Horizon,
Lors que les Eaux jaillissent depuis les abondantes Sources de Ta Présence,
Lors que Les Perles suintent de L’Amour de Ta Reconnaissance,
Lors que les ondes murmurent la prière des orphelins,
Lors que les abîmes s’entrechoquent et que les récifs s’unissent,
Lors que L’Echo du Chant de Ta Nitescente Lumière ruisselle sur les cœurs endoloris,
Ô de par Les multiplicités des consciences qui surgissent en rangs serrés,
De par Tes niches illimitées, lors que L’Âme est implorante,
Lors que les oublis sont les réalités du Balancier des deux mondes,
Lors que le corps s’effondre sur les limitations de la manifestation,
Lors que les resplendissances de Ta Glorieuse Apparition sont le dernier voile de La Proximité,
Seigneur du monde Visible et Seigneur du monde caché,
Seigneur de La Colombe des subtilités de L’immaculée,
Seigneur des feuillets que des calames impriment depuis L’Encre de L’Océan des Quiddités
Lors que s’entretiennent L’Intime de L’Essence et L’Intime de L’Apparence,
Unifie notre conscience à Ta Seule Unicité et garde-nous de L’oubli,
Mène-nous en Ta Puissance et en Ta toute Beauté en L’Amour de Ton Amour.
Que ne subsiste à L’Heure de La Fixité que cette Seule et unique Aspiration.
Nous ne demandons rien si ce n’est de T’aimer et en Toi d’être aimée.
Prémunis-nous de chercher autre que Toi !
Unis-nous à ce qui est Ta demande !
L’Amour est Ta Seigneurie et Ton Attribut.
C’est en Lui que vogue L’Âme que Tu es Seul à gouverner !
Je ne sais T’aimer qu’en L’Amour que Tu as décrété !

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Recueil d’un frère et d’une sœur ( 5 )

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       Peinture de William Bouguereau (1825-1905)

.La douce sérénité d’une Brise est devenue Le Semblable.
Les demeures sont les visitations de chacun de nos souffles.
Plaise à mon Frère de savoir que Le Cœur de La Rencontre est tel un oiseau dont la poitrine s’est embrasé.
L’Ami de mon Âme, cette fraternité a les saveurs de la douceur d’un printemps et l’intensité d’un été enfiévré.
Le feu est tel que nous sommes à voler au-dessus des océans de La Quiddité.
Ce sont les vagues qui ne jamais s’échouent, puisqu’elles sont à jaillir jusqu’au Plérôme de notre Amour.

Tu as gravi cette petite colline et la généreuse présence des genêts a chatouillé tes narines quêteuses.
As-tu vu comme tout se suspend en son sommet ?
Le Vent frémit des rosées que le matin a déposées.
L’enfant sourit, grisé des rayons d’un soleil puissant.
Es-tu à plisser les yeux et te protéger en cette visière que forment tes mains ?
Je l’ai vue.
Elle est si belle et je suis à l’admirer.
Jamais mes yeux n’ont pu la quitter.
Durant des heures, je voyage sur les arcs de ses sourcils si bien dessinés.
Ils sont du velours de l’ébène.
Son nacre de visage est si blanc que je suis éblouie.
Elle a les gestes de la pureté et la douceur d’une mère adulée.
Chacun de ses mouvements est à me transporter de sa grâce précieuse.
Son petit corps est de délicatesse et de profondeur.
Lors qu’elle est à ouvrir l’armoire, je suis en ce monde des parfums.
Est-ce le coffre des mille et une nuits ?
Ses mains bienveillantes plient le linge.
Je m’évanouis en elle.
N’est-elle pas un océan de tendresse ?
Mon frère, je perçois un léger sursaut.
Tu es en ton effacement comme troublé.
Je me cache au fond du tablier et je te chante une berceuse.
Parfois, nous sommes à pleurer ces lointaines froideurs d’un foyer.
Ou bien est-ce simple Destinée ?
Le bruit de la cuisine a ses repères et chaque geste est une histoire que tu vas me conter.
Je t’écoute.
Je suis là.
Mon frère, je suis tout en haut et la colline est ce singulier appel.
Je suis à visiter tes questionnements et à te murmurer : n’oublie rien !
N’oublie rien et fais-moi le récit de ces moments que tu vis en ton intériorité.
Mentionne à ta petite sœur tes promenades dans les champs de notre enfance commune.
Parle-moi des violettes et de l’aubépine.
N’oublie pas le prunellier, ni le châtaigner, ni même les fétuques qui caressent nos mollets.
Te souviens-tu de l’anémone ?
Combien de fois l’églantier s’est-il paré de nos baisers juvéniles ?
Combien de fois étions-nous la rivale d’une abeille qui se voulait butiner ces rosiers sauvages ?
Le sirop d’érable devenait nos goûters improvisés.
Ta petite sœur s’est souvent nourrie à la généreuse nature qu’elle ne voulait plus quitter.
Même les petits cailloux devenaient ses bonbons préférés.
Il est des larmes qui ne savent pas couler depuis les abîmes de nos escapades.
Elle est encore présente de l’effluve maternel.
Je suis sur le chemin de l’école et c’est la lune qui m’appelle.
Je ne sais pas pourquoi, mais je suis en elle.
Je ne connais aucune séparation.
Elle est déjà à me faire le récit d’autres contrées.
Je voyage d’étoiles en étoiles et caresse leur scintillement.
Mon frère, tu as ramassé les petits cailloux qui font ce chemin.
Je t’ai retrouvé depuis le jardin de ton intimité.
Je suis à te regarder.
Ne suis-je pas entrée avec toi en ce lieu qui est ta classe ?
Souvenir ineffable et indélébile.
Je suis à te souffler : je suis là.
Je ne lâche pas ta main.
Nous allons bientôt nous retrouver.
Et nous serons assis à l’ombre d’un chêne.
Tu me parleras des fées que j’étais à nommer.
Prends cette confiture des bois, fruit de la cueillette de nos discrètes gourmandises.
Sais-tu que j’ai planté des fraisiers et que j’ai laissé le merle les manger ?
Je venais le surprendre et lui souriais : « Merle de mon Aube, tout en ce Jardin est à toi.
Tu es si beau à chanter ! »
Le merle a ri souvent.
Jamais, il n’a tout mangé.
Nous avons partagé.

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Voir aussi Noblesse et Art de l’écu

 

Viatique 56 – Coïncidences

flynn_by_coby01Flynn, Digital Art by coby01

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Les grands événements ont toujours leurs prémices :
Les négatifs s’annoncent par des mises en garde
Et les positifs par des signes qui saisissent
L’âme; mais ne les voit que celui qui regarde.

Si l’on a de la vie une conscience unitive,
Plus rien n’est détail car rien n’est dû au hasard.
Mais si l’on a des choses une vision réductive,
Alors tout s’embrouille vite dans le mental hagard.

Pourtant, ce ne sont pas tant les coïncidences
Qui se multiplient, mais bien plutôt l’acuité
Qui s’affine de voir au-delà des apparences.

Peu à peu, s’ouvre à l’esprit l’architecture
De toute une existence en sa totalité
Et ce que l’on nomme pensée en est la lecture.
.
Marc
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Voir aussi sur Noblesse et Art de l’écu

Filzbach-coat_of_armsBlason de Filzbach (canton de Glaris, Suisse)

Et la Lettre engendra le Verbe – Kāf

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Kāf

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Vingt.
L’homme en Sa Perfection !
Terre en Son Centre Harmonique !
Parure initiale du Jardin en son sommet,
Dune de musc blanc couronnant la montagne paradisiaque,
Origine des parfums et des fleurs odorantes !
Lettre de l’occultation
De ce qui jamais ne paraitra au dehors !
Lettre de l’occultation
De ce qui, en son ordre, sera manifesté au grand jour !
Lettre lumineuse et irradiante,
Scellant le secret bien gardé de la Parole créative :
« Sois ! »
Enroulé dans la matrice de la synthèse universelle
Que les sages des siècles ont appelé Kâf,
L’Être attend d’être reçu dans la berceau des formes existenciées
Que les savants du temps nomment Nûn.
Entre ces deux consonnes, vêtement de l’ordre Divin,
Se cache un joyau invisible aux cœurs encore fermés,
Comme une perle en son écrin
Dépositaire et mandataire
Du mystère de la gestation des mondes et des êtres.
Lettre voyelle, imprononçable et fugace comme un instant passant…
Et qui pourtant vocalise la vie et entraîne les cycles de la naissance et de la renaissance !
Ainsi, tout l’Univers s’origine dans le Silence
d’un ordre que le Roi à conçu sans le décréter encore.
Lorsque la Main Seigneuriale fait tomber de la Table du destin
Son décret sur le Piédestal de Sa Puissance,
Le Calame devient Parole et ordonne à l’Être : « Sois ! »
Et il est.
La Parole et l’Être sont une seule nature,
La première s’occultant en faisant naître le second.
Car le Trésor était caché dans le non-être, beauté inaccessible.
Une blessure d’amour devint alors poignée de lumière radiante !
Dès lors, le miracles des mondes fut déployé en multitude sans fin
De sorte que la beauté sortit de son unicité,
Se difractant en myriades de créatures…
Gemmes éclatantes, quartz, jade, rubis, topaze…
Végétation luxuriante et nourricières, roses et lotus,
Oliviers, amandiers, chênes,
Froments et belles légumineuses…
Animaux sur la terre et dans le ciel,
fourmis des cités souterraines, abeilles cultivant le miel et la cire,
Lézards colorés amoureux du soleil,
Léopards tachetés à l’affut, gazelles aux aguets,
Aigles royaux survolant leurs domaines, rossignols, princes des poètes ailés,
Êtres humains d’ici et d’ailleurs, d’hier et d’aujourd’hui,
Pensant et discourant, chacun en leurs langues musicales,
Élevant leurs prières d’une même voix,
Dans la souffrance et dans la joie,
Dans le mensonge et la vérité,
Dans la pauvreté comme dans la richesse !
Sommes-nous épris d’une amoureuse mélancolie
Lorsque nos yeux, soudain, se posent sur le souvenir d’une rose,
Jadis oubliée par l’Amie disparue ?
Ne sommes-nous pas subjugués par la générosité de notre Garant
Lorsqu’Il répond à nos serments rompus, par le pardon et la miséricorde ?
Comment ne pas ouvrir nos cœurs
A l’audition des versets lumineux,
Au souvenir des Noms bénis,
A la conversation spirituelle du maître des vertus ?
Car la coupe qu’il nous sert est son cœur vivant,
Emplit du vin de l’extase, rayonnant des lumières épiphaniques.
Buvons et rassemblons nos cœurs dans le sien
Jusqu’à nous absenter dans l’ivresse de la suprême essence,
Afin que Ses Attributs couvrent les nôtres,
Que ses Qualités embrassent nos défauts,
Que nos pâles lueurs se fondent en Sa Lumière
Et que nos actes soient le pur reflet de sa volonté !
Son nombre est cent.
Parole identifiée à la montagne qui enserre le monde
Et dont l’au-delà est le domaine réservé du Phoenix.
Son nombre est cinq sublimé par le vingt.
Homme du commun identifié à l’homme parfait
Au terme de sa pérégrination verticale.
Son nombre est cent un.
Unité dans le giron de la non manifestation,
Immuable générant l’Être muable.
Son nombre enfin est deux.
Retour à l’initiale,
Car à chaque instant, Il est à son œuvre..

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Clé de Kāf

Par l’Aimé quand il s’approche !
Les Attributs de Ta Parole sont les rossignols de l’extase !
Ta Parole, à nos oreilles alanguies, est le Lotus originel de l’Amour exclusif !
Ta Parole, ô Aimé !
Est un baume de musc,
Elle rafraîchit nos âmes du souvenir de Ton Visage
Et nous rend à la vie.
Par l’Ami lorsque son cœur se tend comme un arc !
De l’Immuable, j’ai souvenir
Et la mélancolie de l’instant…
Cinq en mon essence, mon nom sonne et résonne
Entre ciel et terre
Comme un serment de la multitude à l’unicité.
Je suis la pauvreté extrême et la puissance de la beauté,
Je suis le parfum des miracles et le mensonge de la topaze,
Je suis la conversation spirituelle et le KAF liminaire
Dont le claquement initial préside à ma naissance.
Par le Mandataire qui reçut l’ultime dépôt !
Vois comme la gazelle est avide de boire le vin du pardon !
Comprends que le Paradis est jaloux lui-même
Car il est par nature le rubis des formes et la perfection des qualités.
Par le pèlerin qui espère !
Je vois une perle dans la lumière du jour…
Le waw du mystère dont tu es le dépositaire,
Le chaînon qui unit le KAF et le NŪN de la parole “sois”,
L’atome qui produit l’univers tout entier !
Non ! le jour qui se lève n’est pas source de ta souffrance, ô Pérégrin !
Sois l’aigle de l’occultation qui plane avec aisance au ciel de l’Unité !
Par la mère qui enfante !
Par le vingt de nombre !
L’acte pur est le trésor de la vie
Et tu es la matrice de l’homme parfait,
C’est pourquoi, par ta main,
Le froment donne en abondance et l’olivier sans compter,
Car ta pureté, ô mère, est garante de l’harmonie universelle.
Par la Terre qui supporte sa charge !
Ô Terre ! Mon origine !
Mon cœur est un Phoenix qui se nourrit de l’immuable
Au chêne de la Vérité !
Mon cœur est un Phoenix qui sait toutes les langues
Et les versets du  Livre des mondes.
Mon cœur est un Phoenix aux cent une vies en gestation,
Il possède l’Ordre et la Volonté,
La poignée du resserrement et la richesse !
Par le Ciel qui couvre !
Voici, sur la Table du Destin, le NŪN en son écrin
Comme une rose suspendue à la croisée des mondes !
Voici le NŪN, lettre matricielle du Décret,
Il engendre l’amandier, l’arbre des lueurs et de l’ivresse
Qui fait danser l’humanité !
Par L’Être quand il paraît !
Un silence de jade régnait sur le mont du Secret,
Par pure générosité, Il devint manifeste.
L’Être s’empara alors du calame,
Traça le centre et les cycles,
Imprima sa signature sur le léopard de Sa Puissance…
Puis Il conçut une parure pour l’Homme,
Les joyaux de la prière !
Par la Sagesse quand elle murmure !
Ô Homme en ton Jardin !
Veux-tu gravir les cent sommets de l’Amour
Et cultiver les fleurs de la Sagesse ?
Désire-tu chanter les lettres de la joie
Et boire la coupe de la Miséricorde ?
Aspire-tu à être un roi à sa naissance ?
Alors… Fixe le regard… Au-delà… Au-delà !

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Douzième coffre : Kāf

Tu es le père de la patience et de l’endurance,
Tu es le jardinier de l’Est et l’ordonnateur des terres fertiles.
Trente années et plus tracer des sillons dans l’argile de ton âme,
À récolter les semences de la vertu et du renoncement.
Tu as suivi sans discussion le conseil d’un fou
Et tu as asservi ton âme despotique à force de labeur.
Trente années et plus de silence, de scrupule envers la loi
À parcourir un chemin plus aride qu’un désert…
Trente années et plus avant de recevoir la clé qui ouvrirait ta porte !
Dès que le Maître tant attendu apparut,
Tu pris sa main et ton fils suivit ton exemple.
Tu accédas à la Voie par la porte de la rigueur
Afin de mériter l’héritage qui t’était destiné.
Lorsque tu entras en possession de ton bien,
Tu demeuras silencieux, cachant ta véritable condition aux regards,
Tant le poids de la charge pesait sur tes épaules.
Cinq années encore…
Mais, voyant que les hommes tordaient la Voie
Et deviaient du sentier bien tracé,
Tu révélas les Attributs de la Guidance
Et te saisis des rènes de la Direction.
Avec toi, la Voie franchit la porte de la beauté et le chapelet fut renouvelé
Car tu apparus comme le maître du temps,
Le flambeau de l’invocation et le phare des assemblées de la Présence.
Ton ombre bienveillante s’est répandue d’Est en Ouest
Et du Nord au Sud.
La source de ta Science est l’oeil de l’Unique,
Pupille de la Certitude attachée à ses effets.
Ce que tu as connu n’est ni science des livres ni oui-dire de savant
Mais vision directe du miroir de ton cœur purifié
Par l’ablution ignée du souvenir incessant.
Ô Maître des Pèlerins,
Ô Maître des âmes ascendantes,
Ô Maître des humbles et des sincères !

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Jean d’Armelin