Discontinuité et impermanence : le symbole de la croix

Chrisme iota-chi figurant sur un sarcophage de Constantinople, IIIe ou IVe siècleChrisme iota-chi figurant sur un sarcophage de Constantinople, IIIe ou IVe siècle

Quand il est demandé au chrétien de méditer sur la croix, cela peut, en fait, recouvrir deux aspects : il y a, d’une part, la figure sacrificielle du crucifié qui, selon la doctrine admise et fondamentale (en ce qu’elle conditionne et détermine toute la foi chrétienne) meurt d’une manière infamante pour le rachat des péchés ; d’autre part, et au-delà de toute considération sur l’historicité du fait lui-même, la figure du crucifié revêt également une valeur allégorique, en ce qu’elle devient la figure archétypale de l’homme écartelé entre sa réalité proprement existentielle, dans un monde linéaire, soumis à l’impermanence, et sa réalité proprement ontologique ou métaphysique, car son âme aspire profondément et irrépressiblement à un au-delà de cette condition. En quelque sorte, il désire passer d’une condition instable, passante et éphémère à un état stable et durable. La finitude lui donne à chercher l’infini et la temporalité lui donne à vouloir l’éternité, d’abord appréhendée comme une pérennité de la forme. Cette première acception du symbole de la croix s’établit ainsi sur deux niveaux mais sans ne concerner jamais que la réalité du méditant lui-même, se percevant encore comme un ego intrinsèque, c’est-à-dire se trouvant dans un état de séparation d’où naissent les sentiments de solitude, au sens d’esseulement, et donc de perdition, au sens de ne comprendre ni le sens de son existence (sa raison d’être au monde), ni celui de son être. Tout passe, tout m’échappe, je suis seul et perdu au milieu d’un univers dont je ne comprends pas le pourquoi. Cette ignorance engendre la souffrance qu’il cherchera à conjurer par des stratégies compensatoires, autrement dit l’illusion (la Maya de l’Hindouisme).

La seconde acception du symbole de la croix est d’ordre cosmogonique. Ici, la figure, déconnotée de toute subjectivité, revêt la valeur du mandala, c’est-à-dire d’une image de recentrage et donc d’unité, organisée autour d’un point central et qui figure la représentation symbolique du monde et de l’univers, tant intérieurs qu’extérieurs. En héraldique, la croix représente une pièce honorable formée de la réunion du pal (la partie verticale) et de la fasce (la partie horizontale), la plus courante étant la croix alésée dite aussi grecque, c’est-à-dire dont les branches ont la même longueur et qui se croisent en leur milieu. Contrairement à la croix latine (ou crux immissa), la forme de la croix grecque représente davantage l’universalité du symbole.

La branche horizontale représente le monde extérieur et unidimensionnel de la linéarité, c’est-à-dire de la temporalité et de l’impermanence ; la branche verticale représente le monde intérieur pluridimensionnel de l’atemporalité et de la permanence ; le point central représente la croisée des deux plans et, de fait, leur unité. Le sens même de la croix c’est la croisée, c’est-à-dire le point d’union et d’unité. C’est aussi définir le centre. C’est ce point qui focalise le regard du méditant et tout l’y ramène sans cesse. Un point sans mesure mais l’étalon de toutes les aunes. Et c’est là, réellement, que s’ouvre le mystère de la croix…

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Note : Le chrisme, dit aussi croix de Constantine, qui représente les lettres grecques chi (X) et rhô (P) pour Christ (avec sa variante I (iota) et X (chi) pour Jésus Christ, apparaît comme une croix tridimensionnelle vue en perspective : les quatre branches formant un sautoir indiquant les quatre directions cardinales (l’orient, le midi, l’occident et le septentrion) et les deux branches verticales indiquant les deux directions sidérales (le zénith et le nadir). Dans ce sens, pourrait-on dire, l’universalisme du symbole de la croix serait davantage marqué par cette figure-là.

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Le chrisme peut parfois se confondre avec le symbole astrologique du sextile, c’est-à-dire l’écart de 60 degrés entre deux astres, un astre avec un luminaire, une cuspide d’angle ou entre un astre et une maison cadente (d’apprentissage) ou succédente (de soutien). Un sextile exact met en relation deux facteurs astrologiques situés dans des signes de nature élémentaire complémentaire) plus ou moins 4° d’orbe. Selon la Tradition, le sextile est un aspect d’harmonie modérée.

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Quand Lanza del Vasto a conçu la croix emblématique de la Communauté de l’Arche, il s’est inspiré du récit de la Genèse et plus précisément de la Chute, c’est-à-dire de la séparation et de l’extraversion (projection exclusive dans le monde extérieur). L’état d’unité originelle, symbolisé par le cercle, se trouve éclaté, donc décentré et c’est la croix qui va redonner un centre aux morceaux épars.

Croix de l'Arche_gf1. Unité originelle  2. Éclatement  3. Extraversion  4. Recentrement  5. Forme allégée

Discontinuité et impermanence (10)

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Sentier forestier dans le Stockwald (Alsace 2012)

 

L’appât du gain, qui illustre de manière exacerbée les rapports de forces et d’intérêts qui dominent chez la plupart des individus, est à l’origine des conflits qui secouent les sociétés humaines. Il procède de la projection exclusive sur l’avoir (et donc, particulièrement, sur la matière et, plus généralement, sur la forme et les apparences), projection qui procède elle-même de la non reliance à la transcendance, c’est-à-dire la voie verticale vers le haut (et donc aussi le mouvement ascendant) qui pose et axe le principe d’irréductibilité et dont Dieu représente le Pôle absolu, l’infini Par-delà, l’Immuable au cœur de l’impermanence, le Point focal non enfermant (car non localisé et donc sans mesure).

Croire en Dieu, ce n’est pas croire en une quelconque entité supra-cosmique séparée, mais se con-naître en Lui, c’est-à-dire naissant de Lui, et se re-connaître en Lui, c’est-à-dire renaissant de Lui (évoluant par, vers et en Lui).

Le pronom « Lui » ne recouvre pas davantage un quelconque concept d’extériorisation et donc de séparation mais trouve sa synonymie dans le « Soi » (voir Discontinuité et impermanence). Celui qui se connaît connaît son Seigneur, enseigne la Tradition. (voir René Guénon, Connais-toi toi-même.) La question est : quel est le sceau qui m’authentifie, c’est-à-dire qui me place sous l’autorité du Vrai ? Nous ne parlons pas ici de l’individu social et conformé mais de l’être existencié, non pas fabriqué du néant, mais « créaturé », c’est-à-dire né d’une Intention et donc d’une Conscience : Dieu, l’Un, Unique et Même.

L’Un : rien n’étant chose-en-soi, Il est le Soi de toute chose ; Unique : car il n’est qu’un Réel et qui donne ainsi à l’unicité (des êtres) sa pleine réalité ; Même : par la consubstantialité de la multiplicité.

Telle est l’Unité divine : Tout en tout ; rien qui ne soit Lui ; rien qui ne procède de Lui ni rien qui ne retourne à Lui. Étant l’Alpha et l’Oméga, Il est aussi le Centre omniprésent.

Ces fondamentaux posent de fait l’échelle : celle, verticale, de la Hiérarchie, c’est-à-dire d’un Ordre transcendant, le long duquel s’établissent les relais, à travers les multiples plans (matrices) de l’être.

Telle est, initialement, principiellement et traditionnellement le sens même de la religion (ce qui relie) et dont on confond souvent les manifestations extérieures, nécessairement formelles, et sa fonction véritable qui est d’initier et d’accompagner la montée de l’âme sur l’échelle de son évolution et donc, en premier lieu, de lui signifier que ce monde n’est pas un monde de finitude qui engloberait dans sa réalité singulière et transitoire le Réel tout entier.

Croire en Dieu n’est pas une béquille pour l’esprit éclopé à la recherche de sens, ni une stratégie psychique de compensation des sentiments de vide et de solitude, mais le choix (conscient ou intuitif) du Par-delà et donc la garantie de l’irréductibilité (sans quoi il n’est pas de liberté souveraine). Si le système dominant dans ce monde cherche à éradiquer les religions, c’est précisément pour cette raison-là. Ainsi, dans le contexte actuel plus que jamais, croire en Dieu apparaît intégralement subversif ; c’est même la seule véritable subversion, du fait d’établir la seule et vraie Hiérarchie et donc de disqualifier d’emblée les impostures.

L’expression « croire en Dieu » induit de fait l’intériorité* et indique davantage un état (être) qu’une opinion (posture) par quoi l’on adhère plus ou moins fortement à l’idée d’une chose (à l’existence** de Dieu, par exemple). Ainsi, croire en Dieu n’est plus simplement une option parmi d’autres ou un positionnement de la pensée discursive, sans que cela implique l’être tout entier, mais devient véritablement un acte (d’être) en Dieu, c’est-à-dire dans une conscience d’unité et non plus une conscience séparée et séparative, c’est-à-dire dualiste et duelle et donc, par nature, oppositive et conflictuelle.

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* L’intériorité ne s’oppose pas ici à l’extériorité car, dans la conscience de l’unité, ni l’une ni l’autre ne se posent plus, puisque tout s’inscrit dans l’unique Réel qui est non divisé en essence mais simplement partagé en plans de consciences. Ainsi, le monde que nous regardons, extérieur à nous en apparence, n’est jamais en-dehors de nous. En réalité, c’est toujours en soi-même que l’on regarde et ce que nous percevons et comprenons ne reflète que les limites de notre conscience du Réel ou, si l’on veut, de notre degré d’unité.
** La réflexion précédente nous amène à préciser le concept d’existence (de Dieu) qui procède, par les limites mêmes qu’il pose au questionnement, d’une approche dualiste et, de fait, réductrice car elle induit la séparation du sujet et de l’objet. « Exister » (du latin exsistere) signifie littéralement « sortir de », « se manifester ». Dans ce sens, poser la question « Dieu existe-t-il ? » ne consiste pas à s’interroger sur sa réalité mais sur sa manifestation. Celui qui dit : « Dieu n’existe pas. » a raison car Dieu n’est pas « hors de » ; celui qui dit : « Dieu existe. » a raison de même car Dieu se manifeste. Comment ? À ce stade du questionnement, il suffit simplement d’ouvrir les yeux. Mais de les ouvrir vraiment, sans filtre d’aucune sorte. Et c’est là toute la difficulté, qui ne tient jamais qu’à saisir l’évidence (ex-videre : « ce qui est clair, apparent »). Libérer le regard. Dérouler (1) le voile qui le recouvre et l’obscurcit. Regarder. (2)
(1) « Dérouler » est le sens initial du verbe « évoluer ».
(2) Le verbe « garder » signifie étymologiquement « faire attention ». Ainsi, le verbe « regarder » (garder à nouveau) induit le sens de l’attention double, c’est-à-dire d’un regard conscient de lui-même.

Discontinuité et impermanence (9)

Monica Dixon

Peinture de Monica Dixon (New-Jersey, États-Unis)

 

La connaissance de soi procède par éliminations : « Je ne suis pas ceci, je ne suis pas cela ; ni mon corps, ni mes pensées, ni mes sentiments ; pas plus la personne que je m’imagine que le personnage que je projette dans le monde, encore moins ce que celui-ci en perçoit. Ni je ne me réduis à l’un quelconque de ces aspects, ni je ne me résume à leur ensemble. »

Ces aspects, ces expressions, ces apparences, ces fonctions ne sont jamais que des compositions, nées du tissage de faisceaux multiples – l’héritage génétique, le contexte sociétal, le milieu social, les conditions existentielles – auxquels nous ajouterons le dessein antérieur à la naissance incarnée et dont la mémoire, même brouillée, voire ignorée ou insoupçonnée, qui régit le destin d’une existence, n’en œuvre pas moins, à travers les choix que l’on fait et que l’on croit avoir. La connaissance de soi consiste d’abord à en comprendre le sens et la sagesse.

Le sens : sa recherche naît d’un sentiment de vide, un état qui procède en réalité de la discontinuité et de l’impermanence (la non-chose-en-soi, le non-moi-en-soi). Cet état inspire à se donner des raisons de vivre et d’exister dans ce monde perçu comme une finitude, c’est-à-dire ayant sa fin en lui-même. Ainsi, l’éphémérité de la vie n’est pas vécue comme un passage, une étape dans ce qui n’est qu’une traversée, mais comme une parenthèse entre deux néants, une posture, au demeurant, qui ne satisfait pas l’être profond et dont aucune traduction sur aucun plan n’emplit le vide éprouvé. D’où la compulsion dans l’avoir pour combler ce vide… par encore plus de vide.

Tout est composé. Ce qui est composé se décompose. Rien n’est acquis, rien ne peut s’approprier : ni les choses, ni les idées, ni les personnes, ni les identités. Rien.

Le sens n’est pas un terme, le point destinal d’une direction, car rien ne le définit, rien ne le localise, quand même, paradoxalement, tout le balise. Toute représentation le réduit, toute formation le fige.
Le sens n’est pas une conquête mais une quête, qui consiste à éclaircir l’opacité de la conscience et à éclairer les fausses directions. Il ne se construit pas mais se découvre. Par le lâcher-prise (le non-agir du Tao). Le sens précède sa recherche. C’est lui qui nous cherche.

Ne pas se projeter au-delà du Réel. Être à l’instant. Non pas comme une pulsion dans l’immédiateté mais comme l’accueil de Ce qui Est. C’est par la Présence que se dégage le sens qui est un état de conscience, un ajustement constant à l’Ordre immanent.

 

Discontinuité et impermanence

L’autophagie du monde : la question du sens

Discontinuité et impermanence : introduction

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Discontinuité et impermanence ou retour aux fondamentaux de la métaphysique, c’est-à-dire au cœur du questionnement ontologique.

La réalité tangible. Objective. Raisonnée et raisonnable. Ce décor physique, que la plupart tient pour le Réel. Comme le seul admissible. L’unique possible. Appréhendé dans la fugacité de l’instant dont l’apparente et lisse continuité linéarise le temps. De ce point de vue, Socrate appartient au passé. Mais pas davantage que soi-même car à peine franchit-on le seuil de l’instant que l’on s’y retrouve aussitôt. L’instant est irréductible. Alors, qu’est ce vraiment que la Présence ?

L’horizon, c’est une question de regard. Qui ne trace le plus souvent que des parallèles. Rarement une perpendiculaire. L’horizon n’a aucune réalité objective. C’est une ligne de fuite qui tourne sur elle-même.

Le sens par les seuls sens. Le non-sens.

L’impermanence est le contraire du déterminisme. Nulle apparence ne réduit la substance. Ni aucune formation sur aucun plan.

Si rien n’est chose-en-soi, personne n’est un moi-en-soi.

De même que l’on n’isolera jamais la particule fondamentale de la Matière, on ne saisira pas davantage le corps premier de l’être.

La question foncière n’est pas « Qui suis-je ? » mais bien « Qui est ? » L’on serait tenté d’assimiler et de confondre les deux formes du questionnement. Elles n’induisent pourtant pas la même portée : le « Qui suis-je ? » vise la définité (l’on est finalement quelque chose ou quelqu’un), tandis que le « Qui est ? », du fait de dépasser une approche exclusivement personnelle, centrée sur l’idée qu’il y aurait une identité-en-soi et donc d’impersonnaliser le questionnement, celui-ci se raccorde à l’indéfinité, autrement dit, au Par-delà.

Discontinuité et impermanence

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La Prajñāpāramitā-sūtra ou la doctrine du Par-delà

Le non-soi

Quelque chose

Convergence et Polarité

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Il nous était parvenu cette confidence qui exige que l’on prenne le soin de l’exprimer en des termes définitifs, mais qu’en est-il de ces passerelles, car qui sait et encore qui sait ? L’enfer avait commencé depuis des millénaires à se préparer et seuls les doués d’intelligence pouvaient enfin le comprendre : nous y étions. L’enfer possède des strates et autant de passerelles, et même plus encore, car certaines d’entre elles représentent des milliers d’années. En cet enfer, il est aussi des strates d’éveil et des strates d’infernalement. Néanmoins, nous sommes à le dire : les problématiques sont les réalités défragmentées en la seconde et puisque le monde de Prégnance des toutes possibilités se rapproche de nous, les moindres de ces éléments s’entrechoquent et fondent leur propre monde immédiatement. Chaque fois que nous nous défaisons de ces Reliances de Lumière, nous nous engageons dans les choix multiples et concomitants avec d’autres sphères et d’autres univers qui leur correspondent. Les séparations se font en catégorisation et deux par deux, les uns et les autres s’alignent en ces rangs serrés du monde subtil sans que nous soyons véritablement à déceler l’enjeu, ni même cet assemblage. Dès lors que les distances sont pliées, seul le Point permet La Convergence. Le Souverain à notre image est celui de notre Cité. Chacun est en cette souveraineté, mais peu sont à le comprendre. Néanmoins, Le Pôle est observateur et siège en L’Assemblée invisible de notre Cœur et donne L’Ordre. Le Roi règne en Sa Demeure. Il n’est ni complexe, ni aliénation : Il n’est que cette Verticalité qui nous donne à vivre La Conscience Suprême et Divine. Ô Beauté ! Ceux qui sont condamnés choisiront en leur décision ce qui leur correspond. Nous sommes à la fin d’un cycle infernal. Toute correspondance de près ou de loin avec Le Kali Yuga enchaînera les consciences et les enfermera. Lisez donc les conseils des Sages pieux de toute obédience ! Pourtant, ne seront abreuvés que les assoiffés. Lire la suite

Le secret des trois étoiles

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Par tous les pores de la peau, il n’est qu’Amour. Sans Amour, il n’est aucune vie. Sans cette dilatation, quelle relation ? Sans l’Amour, il n’est aucune respiration. Quand il surgit d’entre les eaux, il eut ce geste d’Amour éperdu, et ses lèvres touchèrent l’air et en lui, le souffle se mêla à la chair. Des rivières de son animèrent les membres de son corps, et sans l’Amour, il n’aurait jamais éprouvé le désir de vie, et la vie n’était qu’Amour. Chaque atome danse en L’Éloge, et l’Éloge était la Vie, et sans L’Amour, L’Hymne s’occultait et se drapait de silence et attendait. Tandis que les mains se tendaient, il devint douceur et l’ivresse lui enseigna l’élan et l’élan lui enseigna les signes du Temps, puis La Vue plongea dans l’extase, et L’Amour contempla. Le Silence surprit son éloquence et se retira, mais la voix poursuivit le Silence et celui-ci parla pour cacher Les Paroles du Sage et Le Sage vint au monde et voyagea jusqu’aux contrées les plus sauvages, car L’Amour est au-dessus de l’ignorance, et ne balbutie pas, puisque chaque mot est une cordée qui fixe l’indéfinissable. En lui, L’Amour s’extirpa des nues, mais les nues n’étaient plus les nues, puisque L’Amour est au Centre et Le Point devient L’Amour par quoi tout rayonne et par quoi tout est relié et lors que tout est relié, le Sage rencontre La Sainteté et en Elle, Il entre dans le Jardin et Il entend la Voix de L’Ami et L’Ami lui fait redécouvrir L’Amour qui est pureté de Lumière virginale que nul n’a jamais touchée. Celle-ci atteint La Lumière animée de Feu et de Souffle, puis La Lumière anticipa sur toute chose et révéla L’Origine de La Présence qui devint l’intime Amitié. Alors, L’Amour déclara que L’Amour est plus que L’Amour, et fixa les étoiles au nombre de trois. Quand furent réunies Les épousées, douze constellations, les univers s’épanchèrent et La Joie fut au culminant du Soleil vibratoire. Ainsi, Le Soleil déclara Son Amour à La Dame de son Choix. Au-dessus s’élevèrent les mondes éthériques et la lumière devint royaume angélique, alors L’Amour connut L’étape la plus étonnante et la plus enseignante. Chaque ange fut les mondes successifs d’une révélation. Chaque feuillet fut Les états multiples de La Connaissance. Il fut donné au saint de plier les distances, mais il sembla rester en ce Lieu d’hébétude et L’Amour devint Sainteté du Secret. Les puretés sont les épreuves de L’Amour avéré. Ainsi Le secret devint une Clé et celle-ci fut à révéler une autre Clé. Le Deux s’exprima et tint un Discours qui fut Le Témoignage puis La Louange. Chaque vision fut consignée en simultanéité dans les feuillets dudit Livre et L’Encre conseilla : Exige L’Encre des Secrets infinis. Ne t’arrête jamais ! (…)

Métaphysique (2)

Une fois que nous nous sommes convenus sur la réalité métaphysique, nous pouvons enfin aborder la connaissance ésotérique et nous entendre sur un des premiers faits majeurs : La relation qu’entretient l’homme avec sa réalité. Il faut dire que celle-ci n’est certainement pas réduite au schéma habituel, celui qui est de considérer la vie comme une évolution strictement linéaire alors qu’en vérité, il n’est de réelle progression qu’en la verticale. Nous ne considérons nullement la vie de ce point de vue, ni ne réduisons la vie à quelques balbutiements psychiques, ni non plus ne limitons L’apparu-au-monde comme se consumant en permanence au sein d’un univers fini. Si l’homme est d’abord un animal social, nous ne devons pas nous enfermer dans l’acception commune de cette vérité. L’homme est avant tout social avec sa réalité propre. C’est-à-dire qu’il est nécessairement l’être-en-relation. Cette sociabilité ne saurait être réduite à l’aspect purement mécanique de la vie en société. La cité est avant tout La Réalité. Elle forme à elle-seule une réalité si puissante, qu’elle engendre aussi des déviances pour le moins remarquables, puisque l’homme, se réduisant à ses passions,  active corrélativement tout un système qui sert « son monde » dérivé, si je puis dire. La conscience tout comme la non-conscience est une cité. Nous ne sommes pas sans noter la terrifiante prétention de l’homme qui est d’établir sa propre dérivation comme une vérité absolue. Celle-ci se déploie sans honte de nos jours, et cela de façon massive. Voilà pourquoi chacun y va de son opinion, de sa cité intérieure, se confrontant ainsi avec la cité intérieure des autres. Or, celui qui ne connaît pas sa réalité (qui ne se connaît donc pas), ne peut entrer réellement en relation avec l’autre. En dépit des moyens de communication qui se développent, il n’en reste pas moins que ces phénomènes sont purement et abusivement mécaniques. Dès lors qu’il n’est pas de singularité dans la relation, celle-ci demeure fébrilement illusoire. Il est sans doute venu le temps de le dire sans complexe : seule la métaphysique peut prétendre apporter à tous la véritable émancipation. Mais elle ne saurait avoir la prétention de s’imposer. Au plus, a-t-elle pour vocation d’amener, en chacun de nous, L’Eveil-résonance de notre Être intime.

Métaphysique

.Fulla:  Teutonic sister of Frigg. Her Name means fulfillment.  Her themes are abundance, protection, cycles, magic.  her symbols are gold colored items and hair. She is associated with protecting magical tools.Peinture de Toshiyuki, Enoki

Sans la connaissance pré-existentielle, toute métaphysique serait simplement impossible. C’est parce que La Connaissance précède Sa Révélation, que La Verticale donne accès au point de rencontre des mondes visibles et supra-visibles. Il existe deux sortes de connaissance : celle qui reconnaît intuitivement qu’il est une Connaissance pré-existentielle, et celle de La Connaissance éclose (Le Lotus), effet indéniable d’une Quête  constante en L’Amour de La Sagesse, Celle-même qui révèle alors toutes les possibilités qui se peuvent se déployer en L’Être, Celle-même qui donne à la compréhension des sphères hiérarchisées de la conscience, de même Celle-même qui découvre les perspectives exponentielles des mondes multiples au sein de l’Unicité originelle. La Conscience serait alors comme une clé ouvrant les portes atemporelles de notre Voyage. Le fait d’avoir sans cesse nivelé par le bas l’intelligence a de fait, engendré une intolérance de tout bord et incité à la séparation ainsi qu’à l’éloignement, éloignement, du reste, de plus en plus accru compte-tenu des solidifications avéré du mental. Tel est le projet autophagique du monde actuel qui met en oeuvre son propre processus de destruction, à l’image des anticorps. Le processus est tel que peu peuvent le concevoir. Le monde des ténèbres n’est rien autre que la manifestation même de notre refus d’avancer. Les compulsions, obsessions diverses, psychopathie, délire, mégalomanie, dérives psychiques en tout genre, perte de la connaissance de soi, l’oubli, tout cela est l’auto-immunisation du Vivant. Que nous le voulions ou non, que nous l’agréons ou non, que nous soyons à le percevoir sous un aspect ou sous un autre, ne change rien. Les anticorps ont reçu l’ordre pré-existentiel afin de rétablir l’ordre. Tout ce que nous considérons comme un danger, tout ce que nous percevons comme une réalité nuisible à notre bon-vouloir est de fait La Loi qui ne change pas. Elle aura tous les visages que nous lui prêtons. Rien n’y fera. Son implacabilité est Sa Justice. Sans quoi notre propre cohérence n’aurait aucun sens.

Chronos et Atemporalité

Les oeuvres surréalistes d'Igor Morski. #Circular #Infinity #Feelings #Surrealist #Dark #Beauty #PoetryPeinture de Igor Morski

Il est venu le temps de ne plus dire et de Le laisser dire, car Sa Parole est un Son illocutoire dont La Réalité est exponentiellement atemporelle. Si nous affirmons qu’il n’est de temps que le temps qui s’écoule, il faut enfin le pouvoir dire : il n’est aucun temps et en Cela même il est une clé incroyable. Tel est le point, tel est Le Basculement : TAWBA (Renversement, Retournement, Acte de Retour). Comprenez que chaque souffle est une compénétration de Sa Parole et de Son Discours. Comprenez qu’Il s’assoit en permanence auprès de nous et qu’Il nous parle. Comprenez que les questions qu’Il nous insuffle depuis l’enfance est précisément La Guidance et que ces questions apparaissent sous forme de Jaillissement de Lumière, perceptibles par le Traducteur et synthétisées par les noms concentriques des Réalités infinies et concomitantes. Comprenez que La Constance est de répondre à ces Questions par La Présence à elles, et comprenez aussi, que La Joie vient de ces Vagues incessantes qui brisent vos carcans et vous libèrent. N’enfouissez pas ces appels (Kafara en arabe que l’on traduit communément par mécréance, mais ainsi réduit, ne révèle en aucune façon la réalité de l’acte, puisque Kafir désigne celui qui a vu et qui a caché ce qu’il a vu ; nous pourrions donc tout aussi bien dire que Kafir signifie celui qui a enseveli sa conscience, c’est-à-dire son âme et que cela s’applique autant au croyant qu’au non-croyant). La Joie provient du fait que La Connaissance s’est unifiée à Elle-même. Telle est L’Unité, et telle est L’Arborescence. Tout découle du Hors-Temps. Tout Cela réunifie chacun des aspects de notre vie existenciée. Alors, Le Hors-Temps est aussi Le hors-monde et de fait, La Cordée indéfectible avec L’Origine. Tout est signifiance en Cela, le reste est linéarité chronologique.

La Mort ou la Vie ?

En Echo au commentaire de Jean d’Harmelin

Medieval map of Jericho--I had this on my computer desktop for the longest time because my computer sounds like a trumpet whenever I log on--no one at work thought it was funnyMedieval map of Jericho

La mort s’empare de nous à plus d’un titre. Tout en cette vie est à nous la manifester, mais nous sommes si peu à voir cela. Par exemple, une dérive, c’est-à-dire le choix d’aller vers l’ego, est une sorte de mort. La non-orientation est aussi une sorte de mort. Nous choisissons à chaque moment, en ce métronome de la vie, ou la conscience, ou la non-conscience. C’est-à-dire, nous répondons à l’Appel puissant de la vie en tant que Lumière, ou bien nous nous refusons à cet appel et nous sommes, hélas, ainsi à nous en éloigner. Chaque fois que nous optons pour la non-conscience, nous sommes à éliminer les possibilités d’évolution à notre être. Nous obstruons notre propre lumière. Il ne serait pas opportun aujourd’hui de tout développer. Néanmoins, pour en revenir à la mort, il faut savoir que tous nos actes et toutes nos pensées ont un impact majeur sur notre Devenir. Le Devenir n’est nullement lié à une temporalité chronologique. Le considérer sous cet aspect serait une erreur, assez grossière au demeurant. Quand même nous ne sommes pas toujours en mesure de tout comprendre, il est impératif aujourd’hui d’éclaircir un point non négligeable : la plupart des courants spirituels sont à vouloir orienter les gens vers l’épanouissement personnel. Or, la spiritualité n’a pas cette vocation. Ceci relève plutôt du domaine psychique, quand même, ce domaine n’est point à être considéré comme séparé du reste. Parler de développement personnel est encore une façon réduite d’aborder les choses, et d’induire que notre vocation est précisément le bien-être. Cela ne fait que renforcer cette doctrine solidifiante, limitante, que notre vie sur Terre est une finitude en soi. Les mystiques jouissent de la vie bien plus amplement que la plupart des gens qui sont à chercher, en ce paramétrage unique, la biennitude. Des termes comme zénitude sont manifestement à nous éclairer amplement sur la vision caricaturale de la spiritualité. On va faire sa séance de Yoga comme on va au supermarché. Toutes ces postures sont finalement à éliminer d’elles-mêmes leurs impostures. Tout ce qui est personnel est par trop personnel et nous en dit long sur les dispositions fébriles et égocentriques de notre actuelle société. L’on a une fois de plus marchandisé le spirituel et l’on a incidemment réduit à l’abjection de la quantité au détriment de la qualité. Lire la suite