Omnia vanitas (3)

christian-schloe-art-10Peinture de Christian Schloe

Se croire meilleur ou plus que l’autre est toujours
Puéril car c’est se mesurer à son aune,
Lors que, souvent, l’on n’en perçoit que les contours ;
Idem pour l’inverse car c’est en faire une icône

Et ainsi le déchoir de sa réalité,
Par le fait de le figer dans son apparence.
Nous ne percevons des choses que leur unité
Relative et dont cette vie n’est qu’une séquence.

Que savons-nous d’une personne et de son destin ?
En toute croisée est une montée qui se propose,
Et à cela, nulle alternative ne se pose,

Sinon celle d’aller dans le sens de ses instincts
Qui se veulent préserver l’illusion égotique,
Ou bien dans celui d’un esprit aphairétique.

Frère Eugène

5.1.3

 

L’Enfant (Al-Fitr) de la primordialité

L'amour l'emporte Print édition spéciale : par ArtofSamuelFarrand

Esprit descendu dans la chair à ton quatrième, s’emparant des membres de ton arborescence, fusionnant en l’Alchimie primaire, actualisant chaque cellule, te voici à vibrer avec le corps du corps, puis jusqu’à l’essence, et la lumière te donne à la danse. En ce ventre matriciel, tu palpes l’insondable vie, et ni ne rêve, et ni ne projette, conscient de l’inconscience, unifié au non-être et à l’être, découvrant sans découvrir, se laissant agir en la mémoire secrète, le cinquième enfin te donne à l’entièreté des dimensions possibles. Es-tu à recevoir l’irrecevable ? T’en détournes-tu une seule seconde ? La Chaleur du four occulte te baigne de ses vagues et ordonne chaque geste en sa complétude. La Matrice est un Berceau sans conteste dont le nid ressemble à l’océan sans limite. Tu es à la merci, mais tu es aussi souverain en cette unité. La gratitude de ton corps se pâme de grâce. De nouveau une lumière jaillissante te traverse. Les ondes deviennent ton écoute et tu surprends les battements successifs du monde récipiendaire. Ni tu ne t’affoles, ni tu ne peux t’en extraire. Au sixième, te voici en la phase de l’harmonisation, et tous les flux deviennent couloir de signes et de révérences, mais si la lumière te manque par le souffle irrégulier, tu ne peux réunir en tes mains les dix cycles embryonnaires et te voilà donc parcellaire. Mais, le cœur t’appelle. Il résonne longtemps en toi. Tu ne peux plus l’oublier. Il te donne à ta réalité humaine et disperse abondamment les flux de vie, tes humeurs, ton héritage d’existenciation. Lors qu’il se libère ces effluves, tu as pour mission de les réunir et de les concentrer. Au septième, une armure t’est offerte. De même qu’un bouclier. Tu demeures fragile, mais on t’enseigne avec parcimonie toutes les réalités qui correspondent à ton être. Il se peut que cette mémoire soit enfouie au plus profond de toi, et de plonger en cette abysse te donnera à l’écartement et à la réalité des distances astrales. Au huitième, la possibilité de toutes les possibilités te sont transmises, mais elles sont aussi la porte de toute rébellion. Ne la recherche jamais, quand même elle est toi, elle ne relève pas de ta volonté propre. L’illimitation est ce qui éclot et non ce qui se conçoit. Tel est le fruit de l’arbre défendu. N’y va pas. N’y goûte pas. Ne sois pas tenté par cette usurpation de l’illimité qui te mènera à l’illusion perpétuelle. Au contraire, détourne-toi de cela et laisse venir Le Magistère. De Lui, l’on te donnera au neuvième la beauté du regard, la lumière de l’abondance, l’épanchement de l’Amour et La Cordée de La Guidance. Ainsi, parvient l’achèvement en le parachèvement, La Délivrance en La Délivrance. Et Dieu est plus Savant, car tel est le par-delà, le par-delà…

Omnia vanitas (2)

josephchristian-leyendecker-dandys3Illustration de Joseph Christian Leyendecker (1874-1951)

 

Charbonnier est roi chez lui. Ainsi, chacun veut
Asseoir son pouvoir, si dérisoire qu’il paraisse.
C’est, avec la richesse, le plus commun des vœux
Et c’est souvent les deux réunis qu’on caresse.

Paris se résout par ces mots : or et plaisir,
Pour citer Balzac qui en a fait la peinture
Intemporelle.* La chose ne manque pas de saisir
Tout esprit un peu au-dessus de la ceinture.

Quelle est la première question qui vous est posée
Dès la première rencontre avec une personne ?
« Que faites-vous dans la vie ? » La réponse conditionne

Le reste, car ce qui d’emblée est à s’imposer,
C’est le rang social et donc, de manière induite,
Le faire-valoir. Selon, l’on donnera ou non suite.

Frère Eugène

5.1.3

* La fille aux yeux d’or, 1835

Kaouther*, Fleuve de L’Abondance

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La Lumière est le secret intouché de L’Âme, et lors que le corps s’efface, il devient Corps de Lumière. Ce qui n’est pas Lui, est en réalité le morcellement sédimentaire de l’Assemblée occulte qui attend en rang serré les éléments épars de Sa Constitution. L’Unité est donc liée à La Clé qui vient s’apposer tel un sceau qui ouvre les secrets diffus de La Connaissance. L’Orientation est le Juste millimétré en Accord essentiel avec Le Corps véhiculaire, celui qui nous transporte de conscience en conscience, de connaissance en connaissance et de sphères matricielles en sphères matricielles, jusqu’à ce que la mort ne soit plus une nécessité. Le Corps est entier et possède Ses Membres de Lumière. Ainsi, chacun entre en Sa Réalité, commanditée par Le Noyau du Cœur éclairé et Récipiendaire. Lors, Il parvient aux sphères des réalités du Calame et joint à L’Intellect pur, dispense les connaissances qui sont les réalités de chaque monde visité. Telle est La Page vierge du Livre Sacré, mémorielle concomitante à la réalisation de cette Unité. Les flux abondants proviennent d’une Source que l’on nomme Kaouther. Ce Lieu est situé dans le Royaume Divin des espaces géographiques réservés à cet effet. Le fleuve ne s’épuise jamais et est perpétuelles ouvertures. Un Guide du monde des Anges, c’est-à-dire le monde des réalités de La Lumière mouvante et tournoyante en Ton Corps-Arche, te donne aux réalités circulaires des champs possibles de la transformation fulgurante et te révèle clairement les alignements et les correspondances de ces mondes. Kaouther est le Lieu du rendez-vous que l’on ne cherche pas et qui n’est jamais atteint, parce qu’Il procède uniquement des Dons généreux et libéraux de Dieu. Cette Réalité de La Bonté Divine est l’acte fondateur de L’Homme qui le lie à Son Humanité réelle. Ainsi, L’Être-Adamique retrouve Son Accord avec La pure Miséricorde qu’Il s’octroie de par La Lumière qui La révèle. Nul ne peut formuler les correspondances s’il n’a pas fait oeuvre d’unité charitable en lui-même.


*Notes du relayeur : (Voir Sourate 108, Coran)

إِنَّا أَعْطَيْنَاكَ الْكَوْثَرَ         1  Nous t’avons fait don de l’Abondance (Fleuve de L’Abondance)

فَصَلِّ لِرَبِّكَ وَانْحَرْ           2  De fait, oeuvre en unité de prières pour Ton Seigneur et t’y adonne 

إِنَّ شَانِئَكَ هُوَ الْأَبْتَرُ            3 Puisque La Cordée est ce qui tranche (avec le faux).  

 

Omnia vanitas (1)

Salomon_G. DoréLe roi Salomon, gravure de Gustave Doré (1832-1883)

Penser que si l’on disparaissait à l’instant,
Cela n’inspirerait que de l’indifférence,
Le monde continuant de tourner tout autant,
Sans changer de son orbite la circonférence,

Quelques rares personnes de l’entourage exceptées,
Ne manque pas de nous renvoyer à l’Écclésiaste
Dont les dures sentences nous pourraient déconcerter
Et qu’à bien lire peu de gens seraient enthousiastes.

J’en ai fait, il est vrai, mon livre de chevet ;
Rien tant ne décoiffe l’ego, ni ne le dévêt !
Mais rien n’est plus libératoire, en vérité,

Que d’être détaché du fruit de ses actions,
De n’en tirer ni profit, ni satisfaction.
« Vanité des vanités, tout est vanité. »

Frère Eugène

5.1.3

Quelques pensées

(Korea) 승하좌수도해 by Danwon Kim Hong do (1745- 1806). ca 18th century CE. color on paper. Seonmun University Museum of Korea. 33.1x41cm.

– Ecoutez ceci ! vociféra Singe. Après tout le mal que nous avons eu à parvenir ici à partir de la Chine, et après que vous eûtes ordonné tout spécialement que les écritures nous fussent données, Ananda et Kasyapa ont fait une remise frauduleuse de marchandises. Ils nous ont donné des copies blanches à emporter ; je vous le demande, à quoi cela peut-il nous servir ?

– Inutile de crier dit le Bouddha, souriant… En fait, ce sont des rouleaux blancs comme ceux-là qui sont les écritures véritables. Mais je vois très bien que les gens de la Chine sont trop sots et trop ignorants pour le croire, de sorte qu’il n’y a d’autre solution que de leur donner des copies sur lesquelles il y a quelque chose d’écrit. (Wou Tch’eng Ngen)

Ce qui est connu comme étant l’enseignement du Bouddha n’est point l’enseignement du Bouddha. (Sutra du Diamant)

Quel est l’enseignement ultime du bouddhisme ?

– Vous ne le comprendrez pas, tant que vous ne l’aurez pas. (Shih-T’ou)

Éloge d’une Merveille

« Un jour, un homme s’arrêta devant un arbre. Il vit des feuilles, des branches, des fruits étranges. A chacun, il demandait ce qu’étaient cet arbre et ces fruits. Aucun jardinier ne put répondre : personne n’en savait le nom, ni l’origine. L’homme se dit : « Je ne connais pas cet arbre, ni ne le comprends ; pourtant je sais que depuis que je l’ai aperçu mon cœur et mon âme sont devenus frais et verts. Allons donc nous mettre sous son ombre. »

Rûmi
(Maktûbât)

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Ecrit datant du 25 janvier 2015

Lorsque le voyage s’amorce, a-t-il une fin, quand vers l’Infini, il va ?
Peut-on dire ici ou là-bas : il n’y a rien ?
Je vais te conter ce qui n’a ni commencement ni fin,
T’étourdir depuis l’Aube jusqu’à la phosphorescente nuit.
Ton Esprit ébloui n’aura jamais plus faim.
Il s’évanouira en des contrées que tu ne connais pas.
Le monde ici n’est rien comparé à celui-là qui n’est qu’une ombre du Sien.
Combien d’univers, visitations dans les voiles de Lumière ?
Quand le Roi déploie certains de Ses Mystères,
L’extase est plus belle qu’une Robe aux mille parfums.
Les couleurs, ici ne sont qu’embruns.
Ce qui est rendu visible est à l’image de l’Éternel.
Le vin qui est la boisson perpétuelle,
Élargit l’espace et donne à celui qui n’est rien des ailes.
L’esprit découvre ce que les mots recèlent.
Navigation dans le souvenir, dialogue avec l’Incessant.
Une seule Voix à l’unisson en cette porte ouverte vers le merveilleux.
Depuis l’euphorie des discours élogieux,
Des grâces, des saveurs, le plus extrême des Chants de l’Orient.
A Sa Table un Banquet orné de fleurs.
Le cœur est Encensoir, draperie délicate, vertige et honneur,
Rubis, émeraude, améthyste enchâssés autour d’un Diamant,
Étincelant Diadème au dessus d’un ruisseau luxuriant,
Blancheur de l’Orchidée d’une pureté extrême,
A peine perceptible dans cette grâce suprême.
La Lumière Divine se contemple en ce cœur,
Secret des voiles et des effets sur le Voyageur.