Méditation (22)

il y a deux grandes lignes d'évolution, ce qui concerne la matière et la forme, et ce qui concerne l'âme, l'aspect de la conscience, le penseur en manifestation. Pour chacun d'entre eux, la voie du progrès diffère et chacun poursuit son cours.

Que l’on ne se méprenne pas : l’ouverture spirituelle correspond à la vibration du Corps qui entre en adéquation avec l’ouverture de la Conscience. Peu de gens parviennent à éclore de nos jours du fait des vibrations très basses, des difficultés qu’ils rencontrent pour se concentrer et entrer dans La Présence, celle qui permet la transformation alchimique de l’être et donc de ses perceptions. Néanmoins, agréer cette réalité, c’est entrer en La Conscience de l’agrément, et s’ouvrir à La Spiritualité nous donne immanquablement les clés nécessaires pour la continuité de notre évolution. Un aspirant est déjà parvenu à la conscience du désir spirituel. Tout ce que nous vivons est de fait révélateur de l’ouverture ou non de notre conscience. Cela ne procède nullement d’une approche mental, car il s’agit d’un état (Hal) qui par la force vibratoire ouvre au Réel.

Récit de la fin des temps

 

 

Nous étions confinés, l’espace d’un long été parisien et nous nous retrouvions, une fois par semaine, dans un petit appartement, non loin de la porte de Pantin. Quelqu’un s’était dévoué pour nous traduire un petit texte qui faisait mention d’un bien étrange récit. J’ai épisodiquement lu et relu mes notes, celles que je pris lors de nos petites réunions et qui finirent, malheureusement, par être perdues au cours de mes nombreux déménagements. Pourtant, je me les remémore assez souvent et visualise l’ensemble sans pour autant être capable à ce jour, de préciser plus en détails cette histoire. Aujourd’hui, je vous la confie telle que ma mémoire me la restitue et je demande à tous mes lecteurs de ne pas me tenir rigueur de l’aspect un peu général du récit, j’en conviens.

Il y a fort longtemps, un groupe de jeunes musulmans s’étaient donnés pour mission de visiter certaines provinces. Ils possédaient sans conteste une grand pureté d’âme, celle de leur belle et fougueuse jeunesse, et leurs vertus acquises nimbaient leur visage d’une douce lumière. On aurait dit, en d’autres temps, en d’autres lieux, des apôtres. Ces compagnons étaient liés par une amitié indéfectible, et ils avaient même du courage à revendre. L’esprit curieux, l’âme exaltée, ils étaient ouverts à l’indicible. Imaginez ces beaux jeunes hommes, vêtus simplement, et qui avaient emporté avec eux, pour seules provisions, une besace, où l’on trouvait pèle-mêle, de la farine d’orge dans un petit sac en tissus, quelques morceaux de viandes séchées, un sachet de sel, et une gourde en cuir, qu’ils emplissaient, occasionnellement, dans les cours d’eau qu’ils rencontraient. Savaient-ils ce qu’ils faisaient ? Avaient-ils seulement conscience de ce qu’il les attendait ? Je le pense volontiers, et cela n’enlève rien à l’enchantement indéniable de leur récit insolite. Alors qu’ils campaient non loin d’une rivière, ils entendirent un bruit fracassant, et quel ne fut leur étonnement lorsqu’ils virent, au-dessus d’eux, dans le flan de la montagne, une grotte apparaître et s’entrouvrir. Ils se regardèrent avec une sorte d’hébétude. Mais le plus inouï fut quand ils virent un groupe de gens, femmes et hommes, d’âges divers, sortir de la cavité. Ils s’approchèrent d’eux et comprirent qu’ils avaient affaire à des êtres humains pacifiques et lumineux. L’un se présenta. Il semblait être le chef de ce petit groupe.

– Paix sur vous ! Je me nomme Barthélémy. Nous venons régulièrement dans votre monde afin de nous enquérir des nouvelles. Est-il venu le temps où Jésus, fils de Marie, a fait son retour ?

Les jeunes musulmans se regardèrent avec un grand étonnement. Ils se présentèrent chacun et saluèrent avec un immense respect ces personnes.

– Nous connaissons ce que tu évoques, car Le Prophète de Dieu, nous l’a annoncé également. Mais rien de tel n’est encore advenu.

– Est-ce du Prophète des orphelins auquel tu fais allusion ?

– Oui, répondirent-ils en cœur. Paix sur lui et sur tous les envoyés de Dieu.

– Alors, l’heure est proche, puisque sa réalité est un signe de la fin des temps. Qu’en est-il de l’imposteur ? Est-il parmi vous ?

– Tu entends par imposteur, l’antéchrist, n’est-ce pas ? Il n’est certes pas encore parmi nous. Mais nous sommes prêts. Nous demandons à Dieu, Le Tout Miséricordieux de nous prémunir des fléaux qui le précéderont et qui le succéderont, ainsi que de la confusion qu’il sèmera dans le cœur de l’humanité.

– Sachez, Ô nobles frères que lorsque ce jour viendra, nous serons à vos côtés. C’est pour cela que nous avons prié Le Seigneur d’épargner nos corps et de nous confiner dans l’inter-monde afin de revenir quand les événements s’y prêteront et d’être ainsi au côté de notre vénéré Maître, Jésus, fils de la très honorée Marie, dans le but de le soutenir et de le servir. Adieu mes frères. Que Le Seigneur des univers vous assiste et vous couvre de Sa Miséricorde. Que soient bénis les seigneurs, les maîtres, les sages ainsi que tous les serviteurs de Dieu Le Très Haut.

Les gens du Livre sacré réintégrèrent la grotte et disparurent comme par enchantement.

(A suivre…)

L’Acte Créateur

Me Machine_Daniel MillerMe Machine, peinture de Daniel Miller

 

Il neige… des myriades et des myriades de flocons,
Sans que l’un soit jamais à l’autre identique !
L’Acte Créateur leur donne leur propre façon
Et s’accomplit de manière entière et unique.

Ce fait se peut observer à tous les niveaux :
Rien jamais ne se répète deux fois de suite.
Les humains se voudraient de cela les rivaux
Mais leurs tentatives ne sont que vaines poursuites.

L’on se croit créateur ? L’on n’est qu’un fabricant !
Que pouvait-il sortir d’une vision mécaniste
De la Vie, exclusivement matérialiste ?

L’état du monde est là-dessus plus qu’éloquent !
L’on s’est promis la liberté par la machine
Et l’on se trouve devant elle à courber l’échine.

Frère Eugène

5.1.3

In vacuo

kvantfizika

 

Le matérialisme est une forme de mystique ;
De sonder la Matière, l’on approche tout autant
Le mystère de ce que l’on nomme le fait cosmique,
Mais sans oser parler de Création, pourtant,

Comme se voulant dénier qu’une Conscience le préside,
Sous le prétexte qu’elle est indémontrable ;
Lors, n’acceptant que le rationnel pour égide
Qui n’est jamais que la raison quantifiable.

L’on pense trouver la particule fondamentale
Et donc saisir la réalité nouménale ?
L’on se met le doigt dans l’œil ! Rien n’est chose en soi,

Une vérité enseignée dès les temps antiques,
Depuis l’Orient le plus extrême jusqu’en Attique,
Et que nul ne renversera, quoi qu’il en soit.

Frère Eugène

5.1.3

In vacuo : « Dans le vide. »

Ab initio

daode_tianzun

 

Mes frères, il est des croisées de routes pressenties
Depuis le premier pas qui ouvre le voyage,
Car ce à quoi en l’Ailleurs l’âme a consenti
Traverse tel un fil d’Ariane tous les maillages.

Le chêne tout entier est replié dans le gland
Qui contient le programme d’une forêt sans limites.
Une intention se peut germer d’un simple élan
Qu’un jour une chose d’apparence anodine suscite.

Une seule petite idée engendre une pensée.
Mais d’où vient-elle ? Et d’où vient qu’il y en ait une ?
Il est sage de ne s’en approprier aucune.

Sait-on vraiment de quoi elle est le condensé ?
Les choses, dit-on, n’ont que la valeur qu’on leur prête
Mais leur vraie nature demeure bien souvent secrète.

Frère Eugène

5.1.3

Ab initio : « Depuis le début. »

Facétie d’un monde périssant

Indécent ennui, quand se courbent aussi loin les corps qui n’ont peur d’aucun des aléas de la vie, ni des sombres pressentiments, qui parcourent, en ce confinement, la réalité de toujours. Toutes les possibilités existentielles font un millier de tours et reviennent toutes au point de départ. Toutes les idéologies, toutes les tentatives doctrinales se sont essayées, à part entière, en d’interminables violences coercitives et puisent leur seule synergie, dans l’emphase alcoolique, quasi démesurée, se nourrissant des aspirations confusionnelles des hommes. Est-il une seule tentative qui n’ait abouti ? Depuis les cycles récurrents, progressistes ou involutifs, quel est donc le prétexte auquel l’homme sensé ne saurait s’accrocher sans tomber inévitablement dans les méandres de La Maya représentative ? Toute représentation est une projection. Enlevez-donc ces idoles que je ne saurais voir, me répète inlassablement ma conscience, si pudique au demeurant, devant les immondicités, amoncelées, depuis tout ce temps, sur le tas des tentations diverses de l’usine psychique. Le monde ne se refait pas puisqu’il se défait incessamment, s’essoufflant dans les suspectes volontés de bien-faire. S’appesantir ou ne pas s’appesantir dans les pensées oppressives, ou se libérer dans le présent, instantané présent, verticalité effusive des libéralités gracieuses de l’oxygène gratifiant ? L’ennui peut se parer des mépris en tout genre, mais en définitive, le mépris est encore une représentation illusoire. Il est en cela même, exclusif et destructeur. L’ennui ne peut se prévaloir d’une bonté essentielle. L’ennui est le néant translationnel que l’on fige, du bout des lèvres, à travers les ironies incisives. Mais que répondre à l’ennui si ce n’est par l’indifférente neutralité ? Point inclusif, Tao absolutoire, résolutoire, résorbant toute chose en toute chose. Le siècle résonne par la force même de sa négation, comme l’ensevelissement définitif, en ce que nous avons accueilli, sans réductibilité, cru en sa crudité. Le siècle amène à l’autre siècle et finit par se révéler, comme l’ombre ou la lumière, peu importe. Tout parle, tout s’exprime, tout semble se mélanger, et en dépit de cela, tout est à s’ordonner en conformité parfaite, excellence en L’Excellence, clarté en la Clarté. S’il est un monde périssant en ces millièmes de secondes, à peine comptées, il en est des milliers qui renaissent, cohérents en La Cohérence, cette merveilleuse cohésion en L’Unité. Que s’est-il passé en cette dérive pompeuse d’orgueil impondéré ? Des fragments psychiques qui se voudraient les mondes parfaits ? Ici est l’enfer. Mais immédiatement, ici est le paradis. Quand vous ne décelez pas les puissantes perversités psychiques, vous devez vous arrêtez. C’est un devoir collatéral. L’impérieuse nécessité. Il fut un temps ou nous avancions avec cette bonhomie débonnaire, ventre grassouillet, repus de condescendances, d’acquis présomptueux, de révoltes faussement révoltés, de marxisme bourgeois, de gauche ignare, société révulsée de droitisme qui n’en était certainement pas, humanisme pathologique, alors que l’humanité n’est vraie que de sa souveraineté pleine. Mais posons-nous la question franchement : quelle est donc la souveraineté souveraine ? Nous assistons au plus grand des délires, celui des brèches réformatrices d’un psychisme écartelé de virulentes illusions de séparation. Du rapiéçage en apparence ?

 

 

Répondre à l’ennui par le dialogue intérieur et connaisseur, visiter les arcanes d’un monde périssant, renaissant, inévitablement, se défaire des fioritures et visiter le cœur.

Extrait de l’article d’un hebdomadaire imaginaire, sous le titre : Facétie d’un monde périssant ou les confidences d’un homme du siècle©

Facétie d’un monde périssant

 

Assis depuis longtemps dans des parjures ensommeillés de vie égrainée, modernisation* figée, commune et répandue à outrance, il faut bien se mettre enfin en position de pouvoir se demander, or le fait de ne pas se demander reviendrait à manifester une gestuelle altérée, passive et éhontée de l’esprit paresseux. Certes, la demande est légitime, parfois teintée d’humour comme de coutume, quand l’âme est légère. J’aurais cette tendance à interroger le monde, les univers, les hommes : qui meurt donc ? J’aurais alors cette réponse possible, une réponse un peu alambiquée, je le concède : à travers ce que l’on appelle communément l’actualité, je remarque l’impavidité commune, inertie massive, mais je note aussi la récurrente soumission aux divers conditionnements, le manque de discernement. Serait-ce ici la manifestation claire du leurre subjectif et même collectif de la masse ? « Assis » est forcément la meilleure des positions, le fessier bien calé sur un coussin, voici que nous abordons le ridicule, avantage de la dérision, voire même de l’auto-dérision, quand celui-ci est le luxe de notre décalage. Qui meurt donc chaque jour ? Osons pousser la question jusqu’à l’absurde. Des milliers de gens sont en file-indienne à attendre, dans ce fameux couloir de la mort, que celle-ci arrive. Je lis, ici ou là, qu’il faut tuer le temps du confinement. Tuer ce temps est, d’ores et déjà, un non-sens absolu. Comment pouvons-nous vouloir tuer le temps, alors que le temps du faire est malheureusement à l’usage des mal-vivants. Par ailleurs, j’entends aussi d’autres expressions du genre occuper son temps, conséquence fatale d’une humeur banalement délétère, désœuvrée même, et s’inscrivant dans la plus élémentaire des inadéquations de la vie. Car tuer le temps, l’occuper, ou le passer, revient à tuer la vie. Le fameux couloir par lequel nous passons tous, se teinte de toutes les couleurs possibles et imaginables, par d’inconséquentes occupations, compulsivité à ne rien-faire en somme, et qui se voudrait déclarer que la vie n’a de sens qu’en la tuant ?

   Ne pas penser, ne pas agir, ni réagir, mais observer, si tant est que l’observation devient le dard de l’observation. Qui meurt donc depuis des milliers d’années, pandémie de vie, cette vie qui tressaute, de soubresaut en soubresaut, sans que personne ne puisse lever le moindre petit doigt d’objection lucide ? Les maladies s’enfilent comme de lamentables signes, les accidents, les faillites en tout genre, et ces oripeaux ensommeillés et fébriles de l’ignorance de masse qui mènent à l’absurde. Il n’est d’illusion que dans les cœurs traumatiques. L’ignorance a ses appels d’air, comme de longues bulles d’oxygénation. Mais à qui cela profite-t-il ? La vie est-elle nécessairement un profit ? Que l’on me dise alors quel est le plus grand des profits qui se puisse être ?

   Ce matin, longeant les étroites ruelles de la ville dans laquelle je suis confiné, les regards des passants se croisent à la sauvette, car le danger rôde, invisible, prégnant, nocif, mais naturel dans le fond, compénétré de vie étonnement… Pourtant, que sommes-nous à observer ? Égoïsme, révélation d’un monde purement, savamment et irrémédiablement égoïste. Qui est mort ce soir que l’on ne connaît pas, à cinq mille kilomètres de là, ou au fond de sa misérable condition de vie si proche de nous ? Quelle est la maladie qui fait le plus de morts ? Un virus qui se cache insidieusement…

Peinture de Norman Rockwell (1894-1978)

Extrait de l’article d’un hebdomadaire imaginaire, sous le titre : Facétie d’un monde périssant ou les confidences d’un homme du siècle©

*Le monde moderne est à l’apogée de sa phase culminante, ce qui suppose un déclin proche. La modernité a eu pour effet de figer les consciences, ainsi que d’opaciser les esprits. La modernité se caractérise-t-elle donc par l’atrophie mentale ? Un ami me dit que l’époque est à révéler un crétinisme avéré. Je ne le croyais pas vraiment…

Pour trouver un tel degré de stupidité, il faut remonter jusqu’en 1848 ! Je lis présentement beaucoup de choses sur cette époque : l’impression de bêtise que j’en retire s’ajoute à celle que me procure l’état contemporain des esprits, de sorte que j’ai sur les épaules des montagnes de crétinisme. Il y a eu des époques où la France a été prise de la danse de Saint-Guy. Je la crois, maintenant, un peu paralysée du cerveau. Flaubert, Correspondance,1867, p. 292.

Force absolutoire

Ferdinand Georg Waldmüller Die milde Gabe, 1850Peinture de Ferdinand Georg Waldmüller (1793 – 1865)

 

Quand même je serais le plus savant des savants,
Le plus docte des docteurs, le plus sage des sages
Et arborant le plus aimable des visages,
Cela ne serait que vent et poursuite de vent

Si, intrinsèquement, l’Amour point ne l’inspire,
Lequel procède toujours d’une conscience élevée,
Libre de tout, soluble dans aucun empire,
Capable de tout dépasser, tout soulever

Car irrigué par la Force absolutoire
Qui préside à l’Origine de la Création,
Une Force qui établit la juste relation

Au sein du manifesté et du transitoire ;
Force de transformation et de transmutation
D’une équation montée en triangulation.

Frère Eugène

5.1.3

Méditation 21

Il y est deux sortes d’hommes : ceux qui vivent l’organisation politique comme le but essentiel de leur existence, tandis que les autres échappent à cette nécessité et rompent avec les contingences. Ceux-là ne sont jamais asservis, même par leurs propres projections idéologiques et égocentriques. Ils ont échappé au temps et à l’espace. L’organisation sociétale n’est qu’un voile pour la cohésion des masses. L’être individué a rompu avec toutes les lignes et croît au centre. Qu’on ne se méprenne pas : l’être individué est relié à toutes choses en substance. Il n’a peur ni de la faim, ni de la soif, ni de la nuit, ni des animaux sauvages. Il séjourne dans le perpétuel Jardin. Il est écrit, qu’un tel homme est si détaché des causes secondes qu’on le prend aisément pour un fou. Quand il dort dans le désert, il ne craint pas le scorpion…

Adæquatio intellectus et rei

Rembrandt_Harmensz._van_Rijn_063Jacob luttant avec l’ange (détail), peinture de Rembrandt (1606-1669)

 

Peut-être, quelque part, ne faut-il plus se sentir concerné par toute cette activité électrique que les gens qui se prétendent réalistes appellent « vivre »… Peut-être, alors, faut-il internaliser le regard vers l’extérieur, du moins ce que l’on tient pour tel, mais qui n’est jamais que l’autre pôle de l’intériorité… Car il n’est pas de séparation, en vérité, sinon par l’effet d’une sorte de distorsion du regard branché sur une conscience duelle, désaxée en fait, sans centre de gravité interne. D’où, peut-être, les effets accrus de la pesanteur externe qui nous voudrait collés au décor…

Toute chose revêt une double face : son avers
Et son envers, sans pourtant que les deux s’opposent.
Une médaille n’a pas fatalement son revers,
Et c’est ici le principe des pôles qui se pose.

L’un participe de l’immanence, par le regard
Que l’on porte sur la réalité matérielle
(Traitée, par ceux qui s’en prévalent, sans nuls égards) ;
L’autre, transcendant, de la vie spirituelle,

En cela même qu’il considère la profondeur
C’est-à-dire l’au-delà des simples apparences,
Qui incluent le psychique, cette sorte d’encodeur

Dont la fonction principale est de cohérer
Ce qui en soi est intrinsèque et l’occurrence.
Mais s’il est trouble, rien ne peut s’équilibrer.

Frère Eugène

5.1.3

Adæquatio intellectus et rei : « Adéquation de l’esprit à la chose. »