Facétie d’un monde périssant

 

A ma grande surprise, ai-je éprouvé du plaisir, je ne saurais aller jusque-là, étant donné qu’il m’arrive rarement, aujourd’hui, de me contenter des biens maigres pitances que l’on nous octroie et, je fais ici acte volontaire de condescendance, tandis que l’on se voudrait acheter notre intelligence, mais achète-t-on réellement l’intelligence, je viens de découvrir l’acte civique par excellence qui me vaudrait de devenir à mon tour non moins civique, car l’on a déposé dans ma boite aux lettres, ce que l’on nomme un masque de protection ?

Sans doute aurais-je eu quelques années de moins, quelques longues années en moins, faut-il le préciser, et il faudrait revenir très certainement à l’enfance enfantine et juvénile pour me concéder cette sorte de frémissement joyeux dans le fait de découvrir béatement un tel gadget, euh pardon, ce précieux don, voulais-je écrire. J’aurais éprouvé assez naïvement une sorte d’empathie extasiée devant un tel geste gratuit de la part des autorités et aurais été profondément attaché, voire reconnaissant comme un bon toutou. Mais les années ont passé et nous ont enseigné. Elles ont d’abord et avant tout interpellé notre personne. Lors, je me pose aujourd’hui la question du civisme. Qu’est-ce donc que le civisme ? La Terre, où nous avons vu le jour, est-elle moins civique que nous le sommes à son égard ? Ce monde grouillant de vivant, indépendamment de ce que nous sommes, aurait-il fait preuve d’incivilité en nous proposant un lieu de vie pour le moins trop actif, pour le moins trop incroyablement exponentiel de ressources ? Nous qui nous considérons comme des primates sauvés de la dégénérescence bestiale, extraits enfin du chaos évolutif, animal pondéralement astucieux, singe ambulant et tressautant avec une ingéniosité telle que nous méconnaissons royalement et impunément la réalité du vivant. Sans doute avons-nous la superbe du déni de nos origines ? Quant à moi, j’ai dans l’idée que le singe descend plutôt de l’homme. Mais bon, il s’agit d’une tout autre histoire.

Ma pauvre bonne et vieille Terre, l’on pense sérieusement à t’asphyxier de toutes sortes de chimie pulvérisée afin de lutter contre toutes les possibilités que Tu as de maintenir et réguler les excès de l’homme. Ce dernier estime que Tu es trop dangereuse, que Le Chaos naturel est une calamité pour l’espèce humaine et qu’il doit sans cesse Te plier à ses caprices. Même quand l’homme désire renouer avec Toi, c’est dans l’inavoué désir de perdurer le plus longtemps possible dans sa totale et inepte bestialité. Il pense à ses enfants qui n’auront plus le loisir d’en profiter comme eux. Ils se lamentent car le réservoir Terrestre est en train de leur échapper, le réservoir qui alimente leur licence et leur déconsidération de La Vie. Ils s’affolent et de façon bien égoïste, s’éloignent étonnamment plus de la Réalité. Comme ils ne peuvent, ni ne veulent, se remettre en cause, ils vont trouver toutes les stratégies, celles qui sont les plus inavouées afin de maintenir leur rythme destructeur, sous couvert de civisme éhonté, éhonté pour la simple raison qu’il est tout à fait hypocrite et qu’il ne cherche, ni à sauver l’humanité, tiens donc, ce serait même inédit soudainement, ni à T’épargner. Tant que le monde ne comprendra pas que le civisme est un voile qui en cache un autre, bien plus terrifiant, alors les masques sont de bon aloi. 

Nous n’avons, heureusement, pas attendu pour nous interroger viscéralement sur notre existence, son sens crucial, car nous sommes tous responsables de notre réveil, tandis que nous fûmes aussi témoin d’un monde finissant de s’essouffler à force de perdre son âme. Les facéties d’une singerie qui tient de la plus grande bouffonnerie de la fin des temps.

 

Extrait de l’article d’un hebdomadaire imaginaire, sous le titre : Facétie d’un monde périssant ou les confidences d’un homme du siècle©

Transcendance

 

La Beauté de la puissance vibratoire est une réalité que certains peuvent apprécier, indépendamment de leur ralliement ou non à un cadre dit spirituel. Car Le Vivant est Magie du Logos. Tout être peut en goûter les effets, même à son insu, car Le Vivant est de nature à envelopper tous les êtres, puisque tous les êtres viennent du Vivant, et vivent, même mécaniquement, par ce Vivant. Que cela soit perçu lors d’une fulgurance intermittente et spontanée, ou par un quelconque effet lié à une pratique assidue, cette Présence est de même nature, mais ne sera pas à donner les mêmes informations, ni à se réaliser de la même manière, puisque c’est le prisme de notre être qui révélera notre être-manifesté selon les singularités propres à celui-ci. Nous sommes ce corps-vibratoire-résonance et de fait, nous ne pouvons échapper à cette Réalité, quand même serions-nous à le croire. Ce qui nous semble étranger et éloigné à nous-mêmes est en réalité si proche que nous ne le percevons plus. Ainsi, tout ce qui s’élève a vocation de descendre, car ce qui s’élève rejoint la dimension de La Descente, sans quoi la spiritualité ne vibre plus et ne peut se prétendre Transcendance. Lors de La Descente, en cet Accueil qui est Coupe, la Reliance permet de recevoir Le Flux vibratoire et donc ainsi d’accéder au Réel. Ici, nous sommes dans le Rêve, laboratoire éminent, tandis que ceux qui vivent L’Eveil se rendent compte et du Rêve et des Rêves successifs qui les traversent comme autant de possibilités pour accéder à La Connaissance. Lire la suite

Le règne de l’ignorance

DONum: L'Apocalypse. La bête qui monte de la mer XIII, 1-4 et la ...

La connaissance de L’Homme amène inévitablement à La Connaissance de La Création, et donc, de fait, à La Connaissance du Créateur. Si effectivement, tout est en nous, comme aiment à le répandre certains courants spiritualistes, nous ne pouvons raisonnablement méconnaître les magnifiques clés qui nous ont été léguées depuis L’Aube des Temps afin de réactualiser notre être profond et le redonner par la même, aux moyens personnels qui le mènent enfin à la réalisation de Lui en Lui. Ne pas saisir Le Merveilleux de ces messages puissants, emprunts d’une Sagesse indéniable est malheureusement le signe de la dégénérescence humaine. La période actuelle intensifie de plus en plus cette visible dégénérescence. Il nous faudrait insister avec cette gravité, lourde gravité à laquelle nous ne pouvons échapper, sur l’aspect indubitablement révélateur de cette solidification du mental, incapable de décrypter les signes et le langage des Anciens. Il est vrai que l’homme cherche à fuir les souffrances, les remises en cause (c’est-à-dire son introspection), et à comprendre les réalités quintessenciées de son être. Non seulement, il fuit ces souffrances (car il pressent qu’il devra passer par le four alchimique de sa transformation), mais il tente aussi désespérément de se fuir lui-même. Prenant conscience de la distance qui le sépare de sa réalité essentielle, il va déployer, avec une frénésie quasi démentielle, une stratégie qui consiste, outre le fait qu’elle le prive des données de sa réalité, à le mener inévitablement à son auto-destruction.  Les subterfuges, les analyses hallucinatoires, procédant d’une sorte d’hystérie collective, sont autant de stratégies visant à se déresponsabiliser, mais aussi à se nier, car l’homme veut âprement entrer dans la néantitude de sa négation. Il s’y acharne avec la terrible méconnaissance de ce que cela implique. Toute Conscience est inaltérable et vouloir s’anéantir dans le néant avec cette conscience immutable c’est vivre le choc d’une pulvérisation, d’une désintégration consciemment exponentielle et qui deviendrait L’Enfer infernal.  C’est cela que La Religion primordiale nous rappelle. Méconnaître La Sagesse Traditionnelle, méconnaître les Relais Relayeurs des Religions, les niant par ignorance, alléguant leur inefficacité sous prétexte qu’elles ont manifesté des violences rédhibitoires par le passé, ou présentement, est avant tout signe de mauvaise foi. Nous dénonçons haut et fort ces raccourcis qui ne sauraient donner à l’homme La Réalité de L’Unicité à laquelle il est destiné. Cette méconnaissance de L’UN est de fait à nous dévoiler la supercherie de tous ces courants qui prétendument se voudraient faire l’apologie de L’Un sans en avoir saisi le sens essentiel, ni saisi ni de près ni de loin La Réalité-Une. Car seule La Réalité-Une donne accès au Logos primordial ainsi qu’à La Connaissance Originelle. Si tout est en nous, il est vain de déclarer que nous avons été parasités par des extra-terrestres, ou par des aliens. Les seuls aliens que je connaisse sont les hommes eux-mêmes. Leur ignorance est leur alien par excellence. Oser remettre en cause toute La Sagesse ancestrale c’est se remettre en cause dans les principes fondateurs de notre cycle actuel ; c’est entrer dans la contre-initiation, et donc adhérer, sans nul doute, à la doctrine de l’antéchrist. Tel est l’imminent danger de destruction qui se profile. Telle est le règne de L’ignorance qui se concrétise. Les hommes faibles et peu éveillés tomberont dans la plus grande des confusions de tous les temps. Mais tel est aussi les temps du Rassemblement.

Et Dieu est plus Savant.

La pensée du jour : Georges Bernanos

Georges-BernanosUn monde dominé par la Force est un monde abominable, mais le monde dominé par le Nombre est ignoble. La Force fait tôt ou tard surgir des révoltés, elle engendre l’esprit de Révolte, elle fait des héros et des Martyrs. La tyrannie abjecte du Nombre est une infection lente qui n’a jamais provoqué de fièvre. Le Nombre crée une société à son image, une société d’êtres non pas égaux, mais pareils, seulement reconnaissables à leurs empreintes digitales.

                        Georges Bernanos, La France contre les robots, 1944

Lire aussi

René Guénon – Le règne de la quantité et le signe des temps