Introduction à l’étude des influences collatérales et concomitantes

Dès lors que Le Vivant est Vivant et que rien ne saurait être séparé de ce Tout ; dès lors que tout procède d’une décision Alpha, contenant les Germes d’une Semence unique en exponentialité, et dès lors que ce monde et tout ce qu’il contient en sa part visible ainsi que sa part invisible se donne à être connu ; dès lors que ce monde visible contient le monde invisible et que nous en sommes en quelques sortes la clé ainsi que la serrure, alors il ne nous échappe pas que La Sagesse inscrit en toute chose son signe, et que chaque signe a vocation de nous donner à voir et à saisir les effluves de La Réalité, ainsi que les liens entre elles. Nous sommes bien ce corps : notre propre embarcadère, notre propre embarcation et notre propre voyage, mais nous ne le savons plus. Plongés, pour certains de façon permanente, dans l’oubli, Léthé, les hommes ne savent ni reconnaître le message, ni saisir les subtilités profondes de l’existence. L’enfer, ce n’est pas les autres, mais bien l’oubli. L’enfer c’est l’ignorance de L’Être. L’enfer, c’est réduire cette vie à une uniformité restrictive et se placer en une non-considération de L’Essence des choses. Il s’agit à proprement parler du déni. Mais ceux qui pratiquent le déni sont en vérité à démontrer eux-mêmes de l’impossibilité de ce déni, puisque la négation se devrait en toute logique, être pratiquée en toute chose, ce qui est absolument impossible. Le monde est une croyance à lui seul. Lire la suite

Ma-Ananda Moyi

L’origine de nos souffrances, c’est que nous nous agrippons à un aspect que nous croyons réel. Ce qu’il faut comprendre, c’est que la joie vraie n’existe que dans la vie spirituelle. Le seul moyen d’en faire l’expérience est de connaître et de comprendre ce qu’est réellement l’univers. Nous devons orienter notre esprit pour voir que le monde entier est divin.

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Ce n’est pas dans le monde extérieur que vous trouverez la paix. Creusez au fond de vous-même et vous trouverez la perle inestimable.

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Ce que l’on pense, on le devient. Lire la suite

Falsification et mystification

Peinture de John Michael Wright (1617-1694)

Du côte de La Lumière, j’ai vu l’eau vive ruisseler ces mots de la mémoire comprise et le sens à tout ce chaos. Ni indifférence, ni même mépris devant les vagues rugissantes d’un monde qui s’essouffle. Centré au point névralgique, le cœur fusionne avec La Loi du Rêve. Comment pleurer ce qui enfin dévoile la réalité de La Nature profonde, comment s’insurger contre La Volonté de La Vie qui porte en Elle sa maladie et son remède ? Celui qui se soulève contre les injustices, n’en a-t-il point commise qu’il faille constamment toujours pointé du doigt l’autre et penser que le monde va mal ? Je ne pense pas une seule seconde que crier vaille quelque chose, lors que le plus élémentaire n’a pas été conquis, et c’est en nous que tout commence, et c’est en nous que tout doit éclore de l’indicible beauté. Nous sommes L’Arche et ici, nous ouvrons La Corolle à L’Éternité. Si nous entendons le Chant lumineux d’un seul oiseau, et si nous courons avec l’effervescence d’un ruisseau, et si nous caressons le vent de nos mains disposées à L’Accueil, alors, rien n’est à périr, pas un seul instant, et tout reste intact tandis que l’injustice apparente des hommes est, en vérité, le signe du Retour à La Beauté. L’enfant intérieur n’est pas l’enfant qui se déguise dans la manifestation de son irresponsabilité. Je lis ça et là certains qui prétendent vivre leur enfant, mais leurs mots et leurs gestes trahissent qu’ils ne le sont pas. L’Enfant est Le Logos, La Parousie du Verbe Christique. Il peut se manifester sous diverses formes, mais Son Essence est un Parfum hors du monde et hors de tout ce que l’on connaît. Les mots sont pointus et ceux qui imitent les mots sont aussi ceux qui participent à l’injustice. Ne trompez pas les mots car ils vous écorcheront vifs, puisqu’ils sont eux-mêmes vivants de leur pleine vivance, et leur vibration est un scalpel qui sait retrouver, sans nul doute, leur façonneur. Devenez les patients de votre propre histoire et infusez le vrai. Or, le menteur ne sait pas toujours qu’il est un menteur. Mais l’hypocrite est le plus terrible des falsificateurs, puisque c’est à lui qu’il ment tout d’abord, sans discontinuer, et qu’il sème ainsi, le venin de la séparation, mais plus que tout, la confusion. Ne prétendez plus ce que vous n’êtes pas et soyez vifs de votre réalité. Cela vous servira plus que vous ne pouvez l’imaginer, car celui qui cultive le vrai rencontre toujours le vrai. Ne semez pas le mensonge car, il est le signe évident de votre propre corruption.


Note du Relayeur : il est clair, ici, que je n’évoque pas le moins du monde le travail de ceux qui sont agis pour co-participer à cette réunification et qui consiste aussi à dénoncer certaines abjections séculières. Avertir et conseiller, telle est la mission des êtres engagés et en eux-mêmes et vis-à-vis de leurs frères. Faut-il pour autant qu’ils soient à travailler d’abord en eux-mêmes cette réunification, sinon, même à leur insu, ils seront à propager la confusion.

 

Aparté (5)

Il est étonnant à quel point ce monde nous guérit de lui-même. Plus il se donne à voir, et plus il s’annihile en nous. Devrions-nous dire qu’il est sa maladie et qu’il nous donne à la guérison ? Certes, le remède est bien en nous, tout comme La Réalité suprême. Nous sommes au centre de L’Océan intérieur et en Lui, il n’est aucun remous. Même l’observation se concentre en notre Devenir, puisque l’illusion manifeste d’un monde cloisonné, d’un monde compulsif, proche de la démence nous est totalement devenu étranger. Oh ! bien sûr, nous y sommes, mais nous y sommes à partir d’un Centre. Était-ce le dernier soubresaut d’une âme qui se libérait des griffes d’un puissant sortilège ? Où bien était-ce le bout du monde qui se devait se montrer, faisant apparaître enfin la jetée vers l’autre rive ? Ce n’est pas nous qui quittons ce monde, c’est lui qui se quitte en nous. Si un jour, nous avions vécu une certaine crainte, c’est celle-là même qu’il n’y ait rien autre que ce monde limité. Les questions pleuvent au moment de l’adolescence avec la force de leur virginité. C’est parce que nous sommes dans la lenteur depuis notre enfance que ce monde n’a jamais pu venir se loger en nous avec l’idéologie courante et dictatoriale du cycle actuel. D’où que venait cette idéologie, elle ne parvenait pas à nous atteindre. Dans les presciences de notre être, nous reconnaissions le faux. Le faux est ce qui ne provient pas de L’Origine mais qui procède des dérives humaines, lors que leurs dérives se voudraient s’imposer comme des vérités absolues, ne tenant compte aucunement des perceptions supra-humaines, allant jusqu’à les taxer, de façon absurde, de perceptions liées à une aliénation extra-terrestre. Lors, c’est définitivement avouer sa méconnaissance de la réalité spirituelle et transcendante. Nous n’y reviendrons plus, tant cette absurdité ne mérite nullement notre attention. Nous avons évoqué cela uniquement pour éclairer certains êtres vulnérables qui seraient troublés par ces confusions que l’on sème à dessein dans le but de détourner l’homme de sa nature initiale. Mais ne sera trompé que celui qui est de nature à être trompé. Nous le savons aujourd’hui et n’en faisons plus aucun état d’âme. Il est une Sagesse et un Secret dans ce que l’on appelle Ordre Divin (MASHIA). Celui qui le découvre est délivré de toutes les perplexités liées à ce monde, à l’idéologie faussement humaniste. Que les gens croient ou ne croient pas, que leur âme parle ou reste muette, qu’elle soit sourde ou non, qu’elle soit les gestes de sa lumière ou de ses ténèbres, cela n’a plus aucune espèce d’incidence. Les temps s’essoufflent de par la dérive des uns et des autres, mais les temps sont victorieux de cette étrange équation qui est Ténèbres et Lumière. Nous en sommes persuadée. Nous laissons ce monde à ceux qui veulent le porter. Qu’ils le portent donc, mais en vérité, ils sont bien ignorants. S’ils savaient !

Méditation (32)

Art graphique de Tatiana Plakhova

En vérité, nul ne change, car tout ce qui est en chacun est de nature à se révéler. Certains sont conscients d’eux-mêmes et de fait, sont à voir les voiles se soulever. En chacun des voiles, il est une révélation. Celle-ci peut être très commune (il ne s’agit pas d’une dépréciation, loin de là) et donner à la compréhension de la vie terrestre, de son harmonisation au sein d’un Tout. D’autres parviennent à saisir les liens entre les voiles, c’est-à-dire, entre l’obscurité et la lumière. Ceux-là accèdent à la Sagesse de leur être. Ils découvrent ainsi les réalités existenciées de l’être humain. D’autres encore accèdent à des plans supérieurs par le biais du décryptage des relations entre L’Origine, leur venue au monde, les processus du cheminement dans le dévoilement, et de fait, voyagent même dans l’atemporel et s’extasient des concomitances entre L’Ici et L’Ailleurs. Mais en vérité, personne ne change. Ce sont les couches superposées de l’opacité qui sont brisées et qui révèlent notre Réalité. A partir de cette Réalité, il est possible d’accéder à d’autres Réalités qui sont toutes Connaissances.

René Guénon : La Gnose et les écoles spiritualistes (*)

(* ⎯ La Gnose, décembre 1909 et août à novembre 1911, « Les Néo-spiritualistes ».
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Même si ce billet est long, je le reconnais, je vous invite à le lire minutieusement. Vous trouverez en version PDF l’ouvrage en entier. Je ne saurais trop vous le recommander.

La Gnose, dans son sens le plus large et le plus élevé, c’est la connaissance ; le véritable gnosticisme ne peut donc pas être une école ou un système particulier, mais il doit être avant tout la recherche de la Vérité intégrale. Cependant, il ne faudrait pas croire pour cela qu’il doive accepter toutes les doctrines quelles qu’elles soient, sous le prétexte que toutes contiennent une parcelle de vérité, car la synthèse ne s’obtient point par un amalgame d’éléments disparates, comme le croient trop facilement les esprits habitués aux méthodes analytiques de la science occidentale moderne.

On parle beaucoup actuellement d’union entre les diverses écoles dites spiritualistes; mais tous les efforts tentés jusqu’ici pour réaliser cette union sont restés vains. Nous pensons qu’il en sera toujours de même, car il est impossible d’associer des doctrines aussi dissemblables que le sont toutes celles que l’on range sous le nom de spiritualisme ; de tels éléments ne pourront jamais constituer un édifice stable. Le tort de la plupart de ces doctrines soi-disant spiritualistes, c’est de n’être en réalité que du matérialisme transposé sur un autre plan, et de vouloir appliquer au domaine de l’Esprit les méthodes que la science ordinaire emploie pour étudier le Monde hylique. Ces méthodes expérimentales ne feront jamais connaître autre chose que de simples phénomènes, sur lesquels il est impossible d’édifier une théorie métaphysique quelconque, car un principe universel ne peut pas s’inférer de faits particuliers. D’ailleurs, la prétention d’acquérir la connaissance du Monde spirituel par des moyens matériels est évidemment absurde ; cette connaissance, c’est en nous-même seulement que nous pourrons en trouver les principes, et non point dans les objets extérieurs. Certaines études expérimentales ont assurément leur valeur relative, dans le domaine qui leur est propre ; mais, en dehors de ce même domaine, elles ne peuvent plus avoir aucune valeur. C’est pourquoi l’étude des forces dites psychiques, par exemple, ne peut présenter pour nous ni plus ni moins d’intérêt que l’étude de n’importe quelles autres forces naturelles, et nous n’avons aucune raison de nous solidariser avec le savant qui poursuit cette étude pas plus qu’avec le physicien ou le chimiste qui étudient d’autres forces. Il est bien entendu que nous parlons seulement de l’étude scientifique de ces forces dites psychiques, et non des pratiques de ceux qui, partant d’une idée préconçue, veulent y voir la manifestation des morts; ces pratiques n’ont même plus l’intérêt relatif d’une science expérimentale, et elles ont le danger que présente toujours le maniement d’une force quelconque par des ignorants.
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Aparté (4)

C’est avec gravité que j’écris ces lignes, que j’ouvre cette parenthèse, car, avec les temps qui annoncent une confusion de plus en plus dense, une frénésie de plus en plus palpable, il m’incombe de proclamer haut et fort ce qui va suivre. Nous sommes tous responsables de nos actes, ainsi que de nos paroles, comme nous sommes responsables de notre transmission, qui plus est lorsqu’il s’agit de spiritualité, de religion, du lien indéfectible avec Le Seul Souverain, La Sublimité des Pôles, Hiérarchie ultime. Sans quoi, autant tenir une parfumerie dans un coin de rue. L’engagement est tel, que nous n’avons plus aucun choix. Si La Réalité de notre engagement n’est pas d’abord un engagement vis-à-vis de nous mêmes, quel en serait l’enjeu ? Nous n’avons que faire du paraître, ni d’exister dans la cohorte coercitive; nous n’avons que faire même d’écrire. Nous avons passé une grande partie de notre vie dans l’anonymat et jamais, Ô grand jamais nous n’avons éprouvé un quelconque manque. Nous avons vécu la plupart du temps recluse, bataillant dans la sphère intime, c’est-à-dire pour cette cette Quête de grande beauté, et ce au milieu des miens. Nous n’avons pas cherché ce monde et nous nous sommes contentée d’une subsistance au jour le jour, celle que Le Seigneur nous a de toute éternité allouée. Nous le remercions pour nous avoir permis ce grand détachement. Nous n’avons nullement peur de vivre en haillons, ni de nous satisfaire d’un morceau de pain.

J’en viens à ce qui nous occupe et me propose d’être on ne peut plus claire : d’aucune façon nous n’adhérons à aucun mouvement relevant du New Age. Ni de près ni de loin nous n’avons suivi ces facettes de spiritualisme, sorte de raccourcis qui n’ont aucunement vocation de Reliance Traditionnelle. Nous n’adhérons ni de près ni de loin à ces dérives dangereuses qui ont pour but de nuire à La Tradition, à La Réalité Essentielle. Ils font partie de ces dérives qui se proposent de déresponsabiliser tous les êtres humains et de les maintenir dans une dimension proprement binaire. Qu’on se le dise : je n’adhère à rien qui se puisse relever des divagations concernant des pseudos aliens, les ET en tout genre. Nous sommes rattachée régulièrement au soufisme, à la voie Shâdhiliyya et nous mettons en pratique, de par Sa Grâce, ce qui nous a été à la fois enseigné et inspiré. Nous n’écrivons que par la permission de notre Maître. Que Dieu nous garde en Lui !

Pour ce faire, je suis entrain d’élaborer divers articles qui seront d’un grand secours pour ceux qui aspirent au cheminement spirituel, voire à un éclairage indemne de mélanges sur le monde.

Je vous remercie pour votre présence. Que Le Souverain vous protège et vous garde en Lui, comme Il a voulu. Tenez fermement à La Cordée de votre Tradition. N’y dérogez pas, fût-ce d’un atome. Les Anciens ne vous ont pas trompé.

Le règne de la confusion (3)

Plus que la désinformation, plus que la mal-information, le temps est venu où la confusion se logera dans chaque maison, comme l’éhonté scandale de notre déchéance : Incapacité de discerner, incapacité de suivre, ni de dire, comme assommé par des décennies et des décennies de non-pensées, d’asservissement avec le confort et avec la pseudo-sécurité, aliénation suffisante à tout ce qui est venu corrompre les cœurs. L’heure est venue où la vraie colonisation de votre mental va apparaître au grand jour, comme la somme probatoire du brouillon de vie que l’on veut vous vendre.  N’entrez pas dans cette confusion, n’y mettez pas un seul de votre orteil. Fermez vos portes, fermez vos fenêtres, restez assis. Le vent mauvais de la confusion souffle. Demeurez en vous-mêmes ! Stabilisez-vous par le Souffle. Allez à l’essentiel ! Créez votre propre univers. Entrez en votre Citadelle. Croyez en la puissance de votre Origine et apaisez-vous. Il n’est de Réalité que L’Unique Réalité. Chaque fois que vous sentez les susurrations qui proviennent de la peur, réfugiez-vous en Lui. Cherchez le Guide de votre âme. Tenez-vous à La Cordée. Ne vous dispersez pas !

Lire aussi Règne de la confusion (1)    et Règne de la confusion (2)

Ainsi que Règne de la confusion ou constellation intérieure

Méditation (25)

Les hommes de peu de foi jalousent notre pauvreté et ils payeraient cher s’ils pouvaient goûter un seul moment de notre bonheur. Ils en devinent le goût savoureux, ils en pressentent la rareté. Les hommes de peu de foi cherchent comme dépossédés d’eux-mêmes une seconde de notre liberté, mais ils ne la trouvent pas, comme ils ne trouvent jamais la paix et la cherchent avec la démence des forcenés. Ils prétendent que nous sommes pauvres, mais en sont-ils convaincus ? La perle de Jouvence perle à nos lèvres d’Amour, et trouve le Fleuve éternel. Notre pauvreté est une richesse qui ne s’achète pas. Le Trésor ne saurait être monnayé. Le Trésor est inviolable. Nul ne peut L’arracher de nos cœurs. Rien ni personne ne peut nous L’enlever. A la seconde même, Il est en Son Secret. Alors, je le dis : soyez forts du Trésor qui vous habite. Par ce Trésor, nous leur avons échappé.

La guerre et la paix

Ce qui vient d’être dit sur la « paix » résidant au point central nous amène, quoique ceci puisse paraître une digression, à parler quelque peu d’un autre symbolisme, celui de la guerre, auquel nous avons déjà fait ailleurs quelques allusions (1). Ce symbolisme se rencontre notamment dans la Bhagavad-Gîtâ : la bataille dont il est question dans ce livre représente l’action, d’une façon tout à fait générale, sous une forme d’ailleurs appropriée à la nature et à la fonction des Kshatriyas à qui il est plus spécialement destiné (2). Le champ de bataille (kshêtra) est le domaine de l’action, dans lequel l’individu développe ses possibilités, et qui est figuré par le plan horizontal dans le symbolisme géométrique ; il s’agit ici de l’état humain, mais la même représentation pourrait s’appliquer à tout autre état de manifestation, pareillement soumis, sinon à l’action proprement dite, du moins au changement et à la multiplicité. Cette conception ne se trouve pas seulement dans la doctrine hindoue, mais aussi dans la doctrine islamique, car tel est exactement le sens réel de la « guerre sainte » (jihâd) ; l’application sociale et extérieure n’est que secondaire, et ce qui le montre bien, c’est qu’elle constitue seulement la « petite guerre sainte » (El-jihâdul-açghar), tandis que la « grande guerre sainte » (El-jihâdulakbar) est d’ordre purement intérieur et spirituel (3).


(1) Le Roi du Monde, ch. X ; Autorité spirituelle et pouvoir temporel, ch. III et VIII.
(2) Krishna et Arjuna, qui représentent le « Soi » et le « moi », ou la « personnalité » et l’« individualité », Âtmâ inconditionné et jîvâtmâ, sont montés sur un même char, qui est le « véhicule » de l’être envisagé dans son état de manifestation ; et, tandis qu’Arjuna combat, Krishna conduit le char sans combattre, c’est-à-dire sans être lui-même engagé dans l’action. D’autres, symboles ayant la même signification se trouvent dans plusieurs textes des Upanishad : les « deux oiseaux qui résident sur le même arbre » (Mundaka Upanishad, 3ème Mundaka, 1er Khandashruti 1 ; Shwêtâshwatara Upanishad, 4ème Adhyâyashruti 6), et aussi les « deux qui sont entrés dans la caverne » (Katha Upanishad, 1er Adhyâya, 3ème Vallîshruti 1) ; la « caverne » n’est autre que la cavité du cœur, qui représente précisément le lieu de l’union de l’individuel avec l’Universel, ou du « moi » avec le « Soi » (voir L’Homme et son devenir selon le Vêdânta, ch. III). – El-Hallâj dit dans le même sens : « Nous sommes deux esprits conjoints dans un même corps » (nahnu ruhâni halalnâ badana).
(3) Ceci repose sur un hadîth du Prophète qui, au retour d’une expédition, prononça cette parole : « Nous sommes revenus de la petite guerre sainte à la grande guerre sainte » (rajanâ min el-jihâdil-açghar ilâ el-jihâdil-akbar).

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