La Voie du Samouraï : Livres 3 et 4

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Livre 3

     Ô Fils, ne sois pas troublé par les mouvements de ceux qui ont choisi la hâte. N’y prête seulement pas attention. D’avoir pratiqué la promenade méditative, me conformant à la présence du vent, me concentrant en son langage, je me suis mis en cet alignement du Souffle Conceptuel et me suis relié ainsi à ma propre respiration. De fait, il m’a été donné d’entrer en l’apnée, et c’est là que j’ai pu reconnaître le point centré en mon être. J’ai observé longtemps le même mouvement, et j’ai découvert alors qu’il existe une telle acuité, si sensible, et qui appuie toute nécessité de concentration. Il existe deux sortes d’humeur : l’une froide et l’autre chaude. De ces deux opposés est à naître une sorte d’équilibre et le souffle s’unifie au cœur. La Vision est décuplée en cette alternance qui nous renvoie au mouvement juste. Équilibre et intensité, puis légèreté du mouvement. L’Épée épouse ces mouvements conscients et devient exactement cette précision que seule L’Âme connaît. Le mouvement devient mouvement de L’Âme. Il n’est aucune séparation de par cette précision. En cette discipline, en son application répétitive, en cette constance, le samouraï pénètre en la substance de L’Acte. Il est en son ralenti, et le sait de la juste nécessité d’être présent face à l’adversaire. Lors, il observe les stratégies et peut ainsi opérer et neutraliser l’ennemi. Or, sache-le, Ô Fils, le premier ennemi est soi-même. Tout trouble, toute confusion, tout compromis sont une dérive, mais la dérive est aussi une stratégie qui permet le réajustement. Le Samouraï ne laisse rien se perdre en l’inutilité. Toute chose est féconde de La Présence.

Image associéeEstampe de Utagawa Kuniyoshi (1798-1861)

 

Livre 4

     Aucune sentimentalité n’exclut une réelle sensibilité. J’ai observé chez la plupart des gens cette propension à s’attacher à l’éphémère, faisant fi de la Réalité, la voulant contraindre à l’émotivité et au souvenir narcissique. La peur de perdre active cet égocentrisme et  atrophie la part intelligente de la manifestation vivante. Au lieu de se comprendre comme un Esprit, les hommes se collent à leur territoire sentimental, et en font un amoncellement de fétichisme. L’homme se conditionne son propre figement qui le rassure, sans pour autant qu’il soit à lui ouvrir la vraie perspective existentielle. Éluder la mort, la fuir, ne veut pas dire qu’elle sera vaincue. La négligence d’une vie est un crime hautement terrifiant, puisqu’elle est à ouvrir toutes les autres possibilités de déni. Se sacrifier tous les jours, c’est épargner d’autres vies. C’est leur redonner une pleine dimension. Ne pas éprouver de l’estime se manifeste par une raillerie inféconde. Si l’autre est perçu comme un ennemi, c’est que l’on n’a pas su détecter son propre ennemi qui est soi-même. Nous sommes prompts à pointer du doigt l’autre, mais nous sommes rares à écouter le bruissement d’un Echo. Il n’est de reconnaissance véritable qu’en ce Souffle Universel. De fait, tout le reste dévoile exactement les fragmentations du moi en une pluie de disgrâces. Ô Fils, ne t’arrête pas aux futilités des sensibleries qui ne sont pas constructives. La Sagesse est un Souffle suspendu au sourire intérieur.

 

Résultat de recherche d'images pour "samourai"Nakano Takeko (1847-1868)

 

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Livres 3_4

 

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